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REFAIRE à neuf sa BATTERIE

Par FoxyFlying - avril 2005

 

Vous en avez assez de votre batterie ?...

...mais vous n’avez pas les moyens de vous payer le matos de vos rêves à 3000 € le fût ?

Redonnez un air de jeunesse à votre belle et par la même occasion, faites la paix avec elle ! En suivant les conseils (personnellement mis au point et testés par votre serviteur), vous serez même peut-être tellement content du résultat que vous ne voudrez plus changer de matériel !!!

Mais avant toute chose, précisons que le procédé que je m’apprête à vous détailler est relativement… risqué !

Une erreur et c’est la cata, le drame, les flammes de l’Enfer !… Par conséquent, soyez bien conscient que la transformation de l’aspect d’une batterie bas de gamme vers quelque chose de plus présentable vous demandera de la patience, de la minutie, un peu de monnaie et… beaucoup de courage !

Ne vous faites pas non plus d’illusion concernant le résultat final : le seul but de cette démarche est de partir d’une batterie recouverte de rodhoïde pour arriver à mettre à nu la manière noble qu’est le bois qui la compose.

Il en va de même pour les dégradés et autres fantaisies chromatiques : soyez conscients que l’obtention de tels effets demande un ensemble de matériaux et un savoir-faire que vous n’aurez jamais (pardon de vous ramener à la dure réalité d’entrée de jeu !).

Néanmoins, si le pari vous tente, jetez-vous à l’eau et donnez libre cours à votre créativité ! Qui sait ? Peut-être parviendrez-vous à de surprenants résultats ! 

Les ingrédients, ce qu’il vous faut :

  • Une batterie premier prix ! (sic)
  • Une ponceuse électrique.
  • Un large éventail de papier de verre (allant du grain moyen au grain le plus fin possible).
  • De la peinture de qualité professionnelle (utilisée en carrosserie) et de la couleur de votre choix.
  • Du vernis du même acabit et, selon vos goûts, mat, satiné ou brillant.
  • De la colle néoprène (de type "Patex" ) ou de la "Super Glue 3".
  • De la pâte à bois.
  • Du ruban adhésif.
  • Une cocotte minute et un réchaud à gaz ! (si, si… vous allez voir).
  • Un tuyau latex résistant à la chaleur (de type gazinière).

Étape 1 : faire la peau au rodhoïde !

Tout d’abord, démontez les peaux, enlevez les cercles et devissez précautionneusement les coquilles des tirants. Mettez-les de côté, dans un endroit sûr : il ne manquerait plus que Félix aille jouer avec et les perdre !

Il va s’agir ici de faire preuve de la plus grande minutie...

L’opération va consister à retirer la feuille de rodhoïde qui recouvre pratiquement tous les fûts de batteries bas de gamme. Cette feuille est constituée d’une matière plastique à base de polychlorure de vinyle (PVC) : sa caractéristique principale est la résistance mais aussi (et c’est ce qui nous intéresse particulièrement ici) sa faculté à ramollir sous l’effet de la chaleur.

C’est le moment de sortir la cocotte minute de la petite famille et de lui confier le rôle de déshabiller votre belle.

Dans votre garage (ce sera mieux que dans votre cuisine) et à l’insu de votre chère épouse (elle vous donnerait des coups de cuillère en bois sur la tête ), installez un réchaud de type "Camping Gaz" sur lequel vous mettrez à bouillir une grande quantité d’eau. Prenez garde aux accidents : nous ne sommes pas là pour finir chez les grands brûlés : 1 litre environ suffira amplement ! Raccordez le tuyau gazinière à la soupape de sécurité et attendez que la vapeur commence à s’en échapper.

Lorsque c’est le cas, passez l’extrémité du tuyau sur toute la surface de votre fût en évitant tout de même de vous en approcher de trop prés : le bois qui le compose (même s’il n’est pas d’une qualité remarquable) n’aime pas trop le contraste thermique trop brutal.

Généralement, la feuille de rodhoïde n’est collée que sur la longueur formée par le chevauchement de ses 2 extrémités ainsi que sur le long des chanfreins et non sur le bois en lui-même.

Après plusieurs passes sur cette fine bande de chevauchement (1,5 à 2 cm), positionnez-y délicatement le bout d’un tournevis plat. Séparez les 2 couches avec la plus grande douceur, tirez doucement et normalement, le tour est joué : votre fût doit se retrouver vierge de tout artifice !

Conservez précieusement les feuilles de rodhoïde : les plaques d’identification qui y sont collées vous serviront encore !

La cocotte minute rempli ici le rôle de décolleuse à papier. Vous pouvez trouver des décolleuses à papier en grande surface de bricolage pour un prix très modique : de 20 à 40 euros. La méthode décrite ici est celle que j'ai utilisé !

Avertissement : cette démarche est à réaliser aux risques et périls de celui qui la mène !

Étape 2 : faire un soin à la belle !

 

Vous découvrez pour la première fois l’aspect brut du fût et c’est beau ! Néanmoins, il se peut que lors du décollement de la feuille de rodhoïde, des échardes de bois y soient restées collées : la surface du fût s’en trouve creusée à différents endroits.

C’est à ce stade que la pâte à bois va jouer son rôle : nous allons nous en servir pour « boucher » ces creux.

Commencez par passer un coup de brosse douce (à poils en nylon – du calme Jeannine ! ) sur l’ensemble du fût de manière à le débarrasser de toute poussière, saleté ou autres salissures. Le maître mot dans ce genre d’entreprise est de constamment travailler dans un environnement propre, sec et sain (et ventilé, lorsque l’on débute la phase de peinture, mais je déborde sur l’avancement des travaux !).

Une fois ceci fait, enduisez très minutieusement les « creux » pouvant se trouver sur le fût avec la pâte à bois. Inutile de préciser qu’il vous faut investir dans des matériaux de qualité pour un résultat optimum. J’ai pour ma part opté pour la marque "Libéron" : c’est cher, mais ça tient et le rendu et le fini sont irréprochables !

Laissez sécher la pâte à bois suivant les conseils du fabricant.

Munissez-vous ensuite d’une ponceuse électrique sur laquelle vous monterez un papier de verre à grain moyen et… spécialement réservé au ponçage du bois, cela va de soi. Ne vous amusez pas avec de la toile émeri pour métaux : un fût de batterie, ça se respecte, nom de bleu ! Là encore, la qualité du papier est primordiale : ne lésinez pas !

Enchâssez le fût dans un axe composé d’un tube d’acier ou d’une planche de bois bien rigide (du calme, Jeannine !) lui-même pris dans un étau ou reposant sur 2 tréteaux : ainsi positionné, vous serez plus à l’aise pour passer la ponceuse (et plus tard, votre peinture) :

Débutez le travail de ponçage en ayant la main légère : insistez sur les zones enduites de pâte à bois jusqu’à atteindre le même niveau à ces endroits que sur le reste de la surface du fût. Changez régulièrement de grain pour aller du moyen au plus fin et terminez par une passe de « lissage » : le grain utilisé doit alors être de l’ordre du 500.

Passez un coup de la même brosse douce (précise ?) sur l’ensemble du fût et appréciez le résultat : si le fût est doux au touché et exempt de toute imperfection, vous aurez atteint votre but. S’il reste des différences de niveaux, notamment aux endroits ayant reçus de la pâte à bois, recommencez l’opération de la même manière que précédemment décrite.

NB : même si, lors de l’opération de décollage de la feuille de rodhoïde vous n’aviez pas « abîmé » la surface du fût, il va sans dire qu’un léger ponçage de ce dernier reste tout de même indispensable avant d’y appliquer toute peinture ou vernis. Utilisez pour cela directement un papier de verre à grain fin (500 ou supérieur).

Étape 3 : La remaquiller !

Pour l’ensemble de votre batterie, le travail constituant les 2 étapes précédentes peut s’étendre sur plusieurs jours : n’hésitez pas à prendre votre temps et à travailler hors de tout contexte de pression.

C’est de votre batterie dont vous vous occupez, pas d’une vulgaire antiquité ! Je vous conseille même de laisser reposer les fûts ainsi déshabillés pendant un ou deux jours, là aussi dans un endroit propre, sec et ventilé.

Il va maintenant falloir les peindre. Ici encore, on ne badine pas avec le matériel utilisé : pas de peinture en bombe à 2 francs cinquante (excusez, je parle encore en francs…) !

Investissez dans du haut de gamme : peinture pour carrosserie ou pour métaux (en bombe, ce sera parfait ! Mais si vous disposez d’un compresseur, ne vous gênez pas : servez-vous en…).

Pour le vernis, c’est la même chose : tapez dans des produits dont vous savez qu’ils ne décevront pas.

Renseignez-vous auprès de votre garagiste préféré : après tout, vous lui laissez assez d’argent au moment de la révision de votre Twingo ! Il peut bien vous filer ses meilleurs tuyaux en la matière… Pour ma part, j’ai utilisé de la peinture et un vernis en bombe de marque "Renault".

Une fois que vous vous serez procuré les bons produits (réfléchissez bien à la couleur, c’est important, car comme dit la pub : « je f’rais pas ça tous les jours ! »), prenez votre courage à 2 mains et armez-vous de la plus grande méticulosité !

Tout d’abord, collez une bande d’adhésif sur tout le long des chanfreins de manière à les protéger de la peinture. Insistez bien sur le ruban et appuyez bien dessus pour que la peinture ne s’infiltre pas en dessous. Cette démarche vise bien entendu à préserver l’intégrité des chanfreins de manière à garantir le son de celui-ci une fois le processus achevé.

Travaillez dans un environnement ventilé : ouvrez les portes du garage et envoyez Félix jouer dans le jardin ou à l’étage. Munissez-vous d’un masque et portez impérativement des lunettes de protection : une petite giclée de peinture carrosserie dans l’œil n’est jamais très agréable !

Le fût toujours inséré sur son axe, commencez le travail de peinture en prenant soin de procéder par couches fines. Cela vous évitera les traditionnelles bavures et coulures qui risqueraient de se former par accumulation de peinture.

Là aussi, le mieux est de laisser sécher la peinture entre l’application de chaque couche fine : cela prend plus de temps, mais le jeu en vaut la chandelle et vous ne serez pas déçu du résultat.

Une fois la peinture appliquée, laissez-la sécher au moins 24 heures. Où ça ? Eh !Bien, dans un environnement propre, sec, sain et ventilé, pardi ! Il ne faudrait pas que de la poussière vienne se coller sur ladite peinture fraîchement appliquée… Et éloignez Félix de cet endroit : les traces de pattes de chats sont belles… imprimées sur la housse de la couette de la chambre de Jeannine, pas sur un Tom (sauf si c’est l’effet recherché !).

Une fois la peinture totalement sèche, procédez de même pour l’application du vernis. Un détail qui à son importance : travaillez en 2 couches avec un très léger et très fin ponçage entre. Cela donnera au vernis une meilleure « accroche » et un tendu impeccable pour un résultat optimum.

Laissez sécher au moins 24 heures dans un environnement propre, sec… pff… vous connaissez maintenant !

Étape 4 : La rhabiller !

C’est propre ? C’est sec ? Alors, on y est presque !

Prenez le temps d’inspecter chaque fût à la recherche d’une éventuelle imperfection. Si vous en trouvez, évaluez l’éventail des solutions qui s’offrent à vous et remédiez-y si cela est possible.

Si tout est nickel, place aux détails ...

Nous allons nous charger de décoller les plaques d’identifications (toujours collées sur les feuilles de rodhoïde).

Elles doivent normalement se décoller grâce au même stratagème que tout à l’heure : la vapeur. Elle sont pour la plupart fabriquées en aluminium fin, donc fragile. Soyez prudent et procédez avec soin : elles se déchirent facilement.

Une fois décollées, nettoyez-les éventuellement et apposez-y la colle néoprène en prenant soin de ne pas en mettre plus qu’il n’en faut : elle déborderait au moment de coller les plaques.

Laissez « tirer » la colle une bonne dizaine de minutes et apposez les plaques sur la surface du fût en visant bien : le droit à l’erreur n’est pas la caractéristique première de cette étape !…

Remontez tout l’accastillage ...

Profitez-en pour nettoyer à fond vis, tirants, coquilles et cercles : ce n’est pas quelque chose que l’on a l’occasion de faire si souvent.

N’oubliez pas de déposer une goutte d’huile sur les tirants au moment de l’accordage. Ce dernier n’en sera que plus facilité (je vous renvois pour cela au dossier consacré à l’accordage).

Voilà, l’affaire est normalement dans le sac.

Vous voici devant une nouvelle batterie et vous lui retrouvez le charme qu’elle avait lorsque vous l’avez achetée, il y a bien longtemps.

Caressez-la, jouez-en, tirez-en le plus de plaisir possible, avant d’avoir les moyens de vous offrir votre MMX tant désirée !

En ce qui me concerne, voilà plus de 3 ans que j’ai sauté le pas et je ne m’en plaint pas : le résultat semble perdurer puisque la peinture n’a subi aucune modification que ce soit du point de vu du touché, de la tenue ou de la couleur.

Je pense même être en mesure de percevoir une amélioration de la sonorité et du sustain. Une bonne alternative, donc, pour les batteurs bricoleurs fauchés.

Voici deux photos, excusez la qualité des photos ... un jour peut être l'appareil numérique ?

FOXYFLYING - Avril 2005

La batterie de FoxyFlying, avant et après ...