Dream Theater : OCTAVARIUM
Par Cédric (juin 2005)
Octavarium est sorti au début de ce mois de Juin, et je dois dire que depuis les 2 derniers albums en date de Dream Theater, je regrettais fortement le fameux Scenes From A Memory, Metropolis part II, album sorti en 1999 ... et oui 6 ans ont passé !
Mais cela reste très subjectif, j'ai toujours préféré le côté progressif et mélodique, de Dream Theater, au côté métal et barbare !
Le dernier album "Train Of Thought" était plutôt violent, avec nombre d'effets sur la voix, avec un mur de guitares puissant, dévastant tout sur leur passage, accompagné d'une batterie destructrice ... mais cet album m'avait fortement ennuyé ... question de goût certainement, cet album ayant plu à un large public !
De plus, je suis accroc au groupe Transatlantic, qui réunissait Mike Portnoy, Neal Morse, Roine Stolt et Pete Trewawas : le meilleur de la musique progressive des ces 10 dernières années pour moi.
Quand Octavarium est sorti, je suis allé l'écouter au magasin, en me demandant sur quoi j'allais bien pouvoir tomber : le côté "Train of Thought" brutal et très heavy, ou le côté prog et mélodique de Scenes From A Memory ?
Et bien ce disque je l'ai acheté, et je ne le regrette pas !
Tout d'abord mon impression générale : un son plus travaillé, moins "bourrin" que le précédent opus, et surtout un clavier bien mis en valeur, et beaucoup plus équilibré qu'à l'ordinaire, Jordan Rudess est enfin mixé à la hauteur des guitares de John Petrucci, et c'est une très bonne chose ! Le seul petit reproche serait peut être le son de caisse claire.
Côté chant, James Labrie est plus sobre et sa voix plus travaillée qu'à l'acoutumée.
Passons maintenant aux pièces qui composent ce nouvel opus !
"The root of all evil" est un morceau qui aurait pu figurer sur le dernier opus du groupe, mais avec un son de synthé plus présent et travaillé.
"The Answer Lies Within" est une très belle balade, avec un chant bien mené : James Labrie fait ici preuve d'une maitrise suprenante, en restant ... sobre !
"These Walls" rappellera à la plupart des connaisseurs, l'époque "Falling into infinity", un morceau dans la tradition de Dream Theater. L'ensemble de l'album sonne d'ailleurs ainsi.
"I walk beside" est un excellent titre aux tonalités plus pop, qu'un U2 aurait très bien pu écrire. On peut entendre au début de ce morceau le bruit d'une horloge à aiguille ... clin d'oeil à Scenes from a memory peut être ?
"Panic Attack" commence à la basse, avec un John Myung en grande forme, rapidement rejoint par un déluge de guitares ... Guitares distordues à fond, les Mesa Boogies ronflent, certainement le morceau le plus rock de l'album.
"Never enough " sonne lui aussi très rock, mais avec un côté plus "psychédélique" sur les couplets. Mike Portnoy développe ici un jeu très intéressant sur la charley.
"Sacrified sons" est un bon hors d'oeuvre à Octavarium qui va suivre : un très bon titre progressif à souhait, qui aurait très bien pu figurer sur "Scenes from a Memory", avec un Jordan Rudess impeccable comme d'habitude.
La pièce maitresse de cet opus de la bande à Portnoy est "Octavarium" : titre épique de 24 minutes !
Ce titre a lui tout seul est représentatif du meilleur de Dream Theater. Les 4 premières minutes sont surprenantes : John Petrucci nous distille une intro à la guitare, tout en feeling, sur une nappe de synthés sublime, à la manière d'un David Gilmour : surprenant d'entrendre ce guitariste virtuose qui nous avait habitué au million de notes à la minute prendre ainsi son temps !
Ces 4 minutes s'enchainent avec des accords de guitares acoustiques, de la flute, et un chant planant : impossible ici de ne pas penser à Transatlantic. La ligne mélodique rappelle aussi les thèmes développés dans Scenes from a memory, mais avec une touche encore plus personnelle.
Le thème de synthé développé aux alentours des 12 minutes, rappelle encore plus Transatlantic et les tourneries de Neal Morse : il est évident que Mike Portnoy a laissé ici rejaillir ses envies progressives !
Petit à petit, au fur et à mesure de l'écoute, le ton monte, la pression grimpe, et un déluge sonore accompagné de solis mémorables vous assènent le coup de massue final ...
James Labrie y dévoile un double visage : le côté tendre et mélodique, et le côté furieux avec une voix limite trashisante, avant que le calme final, avec un orchestre grandiose ... et oui, cette fois-ci un véritable orchestre est au rendez-vous !
Vous n'en sortirez pas indemne : Octavarium est vraiment la pièce maitresse de cet album... Difficile pour moi d'ailleurs d'écouter le reste, j'aurais plutôt tendance à aller directement jusqu'à la plage 8 !
Globalement, au risque de blesser ceux qui ont adoré les 2 derniers albums du groupe, je dirais que cet album est la suite logique aux "Falling Into Infinty" et "Scenes From a memory", et fait enfin honneur à la réputation du groupe : enfin du grand Dream Theater! Certains trouveront que le groupe ne fait pas preuve d'une grande originalité avec cet album, et d'autres comme moi salueront le retour aux sources prog !
Je vous conseille vivement cet album !
Cédric - juin 2005
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