The Black Keys : Rubber Factory (2004)

(par Silk)

 

Vous prenez deux jeunes hommes tout droit débarqués de l’Ohio, l’un guitariste (Dan Auerbach), l’autre batteur (Patrick Carney), vous faites un savant mélange de garage blues, de pop, de soul et même parfois de rock et vous obtenez la dernière galette de The Black Keys : Rubber Factory. Les deux compères ont une prodigieuse capacité à nous plonger dans l'atmosphère d'un de ces concerts de garage blues comme il pouvait y en avoir au beau milieu des années 60.

Le son est « vieillot », sans pour autant être dénué d’une énergie communicative et euphorisante très vite transmise, et ce grâce à un son de guitare affirmé et un batteur assez « groovy ». Mais écoutons sans plus attendre le retour d’un « son poussiéreux » qui déborde de punch…

La formule semble rappeler les White Stripes, certes. Mais détrompez-vous, les Black Keys n'en sont pas une pâle copie. Il sont deux, d’accord, mais le reste diffère : voix rocailleuse, son plus affirmé, jeu de batterie plus complexe et plaisant... Les mélodies ne vous sortent plus de la tête !

Le coup d’envoi est donné avec un sympathique "When the lights go out" pas très folichon mais plaisant tout de même… On ressent tout de suite l’influence soul et blues des Black Keys.

Néanmoins, le plaisir ne se fait pas attendre, et on continue avec "10 A.M automatic", un morceau débordant de punch avec une rythmique carrée mais tout de même assez subtile de la part de Carney. Le morceau est plutôt orienté garage rock et est très énergique… « _Ils sont deux, mais ils ont une musique qui donne » dira-t-on.

Suit le plus calme "Just couldn't tie me down". Là encore, l’influence blues se fait sentir : c’est appréciable. « All Hands Against His Own »… La mélodie ne sort pas de la tête, la rythmique est très groove, la voix très recherchée (changement d’octave brusques…). Ce morceau est excellent en tout point : c’est blues, soul, rock et pop à la fois (!) et les deux compères nous envoient une fois de plus leur talent à la face.

Les deux morceaux qui suivent, "The Desperate man" et "Girl is on my mind" sont de véritables morceaux 100% pur blues… Mais la guitare et le son de la batterie nous rappellent constamment à l’ordre : l’album date de 2004 et les Black Keys ont LEUR son significatif…

Puis, comme pour nous montrer qu’ils sont également capables de douceur, arrive "The Lenghts", une ballade. Quoi dire de plus ! C’est une ballade : ça calme, ça repose…

"Grown so ugly" ne déroge pas à la caractéristique majeure de l’album : c’est toujours aussi plaisant à écouter (on en vient même à se demander si ils sont réellement deux, outre les rajouts de guitares mixées…).

Puis arrive l’excellent "Stack shot Billy". Et bien, ça peut paraître répétitif… mais non. En fait, il faut écouter plusieurs fois les morceaux qui nous font tant bouger pour cerner les petites subtilités.

Ensuite, pour varier, les Black Keys nous offrent une reprise des Kinks : "Act nice and gentle". C’est (encore une fois) très agréable à l’écoute et derrière ses fûts, Carney ne nous déçoit pas.

On continue sur des morceaux toujours aussi sympas ("Aeroplane blues" -tout est dans le titre !- et "Keep me") avant d’arriver à l’apothéose qu’est "Till I get my way". Ce morceau final est tout bonnement orné d’un groove génial avec cette voix si particulière toujours au rendez-vous ! Cette mélodie (comme beaucoup d’autres des Black Keys) est du genre à ne pas vous sortir de la tête durant toute une journée…

En conclusion, Rubber Factory est une belle et originale réussite pour les deux musiciens qui, on l’espère, continueront de nous faire bouger sur leurs grooves très particuliers !

 

Silk (avril 2005)

Musiciens :

Dan Auerbach : guitares - voix

Patrick Carney : batterie

Site officiel : http://www.theblackkeys.com/

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