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BATNIGHT

Dix des meilleurs batteurs du monde en live à Paris !

Pour nous batteurs, l’année 1998 restera gravée dans nos mémoires. Le 8 décembre, le 287 Rock’n’Roll Café a été le théâtre d’un moment historique pour notre instrument : la BATNIGHT ! Philippe Lalite et Marc Périn, créateurs de l’évènement, nous ont offert un programme de rêve !

Outre les dix batteurs enregistrés, ont aussi participé la «bateria» brésilienne Zum Zum, le champion du monde de tambour écossais Jim Kilpatrick, le batteur des Kinks Bob Henrit, Steve Ferrone (qui ne figure malheureusement pas sur le CD) ou encore un batteur de cinq ans et demi, Edouard Sorriaux !

C’était aussi l’occasion de contempler Mapex, Remo, Premier, Capelle, Sonor, Yamaha, Tama, Ludwig, Arbiter, Pearl, Sabian, Paiste, Istanbul ou Ufip… Ce rassemblement fou a accouché d’un CD. Dix des meilleurs batteurs du monde en live ! Plutôt alléchant, n’est-ce pas ? Il faut bien avouer que les organisateurs de cette « nuit magique » 1 n’en étaient pas à leur galop d’essai. En effet, ils avaient déjà regroupé quelques grands noms de la batterie française l’année précédente. 1997 : création de la Batnight, 1998 : son apogée !

David Fall, accompagné du percussionniste David Mirandon et de Philippe Chayeb, bassiste.

David Fall a eu le privilège d’ouvrir la soirée. Lourde tâche pour ce batteur qui ne jouissait pas encore de sa reconnaissance actuelle ! Mais le défi est relevé de façon magistrale. Jouant sur des séquences et en compagnie des deux autres musiciens sus-cités, David Fall distille un groove dont on se délecte dès la première écoute ! Divisé en trois parties, ce premier titre est tout simplement le plus long de la galette : presque un quart d’heure ! Cela ne peut forcer que respect et admiration. Chapeau bas.

 

Bacán in 1995

Luis Luz et son groupe Bacan

Ce second morceau contraste avec le précédent. Il s’agit maintenant de la plage la plus courte (moins de trois minutes). De plus, le batteur joue seul, contrairement à David Fall. Ce solo s’ouvre sur un ostinato qui nous fait vite prendre conscience de la redoutable indépendance du bonhomme ! Les influences sud-américaines de ce batteur-percussionniste ressortent immédiatement à nos oreilles. Son indépendance et sa technique nous font croire qu’un percussionniste l’accompagne, mais ce n’est pas le cas ! Il fait tout lui-même, batterie et percussions ! Impressionnant.

 

Franck Ridacker, avec le bassiste David Jacob.

Lui et son bassiste forment un couple qui ne nous offre que le meilleur. David Jacob donne à son compère une base en béton armé. Il faut savoir que Franck « arrivait d’une balance pour faire Batnight et repartait juste après faire un show case » 1 ! De plus, quelqu’un a du retenir sa grosse caisse pour qu’elle reste sur place ! Malgré ces circonstances assez délicates, M. Ridacker a montré l’étendue de son talent. C’est ce qui s’appelle assurer comme une bête ! Une leçon de professionnalisme.

 

Thomas Patris

Notre spécialiste français de la batterie solo ! Ayant déjà eu le privilège de voir cette pièce «pour de vrai», je peux vous assurer que l’écouter est presque aussi impressionnant que la regarder ! Quelle indépendance ! Quelle vitesse ! Les pieds gardent un thème rythmique, avec une rapidité affolante, et jamais nous ne pouvons noter une baisse de tempo ! Les mains, d’une rapidité aussi affolante, font ce qu’elles veulent par-dessus. Et rien ne bouge ! Il n’existe plus de superlatifs pour qualifier son indépendance et sa coordination : c’est un extra-terrestre qui joue ! A couper le souffle.

 

Maxime Zampieri

Déjà présent lors de la Batnight 1997, Maxime à l’habitude de ces grands évènements ! Sur ce morceau, il joue sur une séquence, dans un registre jazz. Il est avant tout au service de la musique. Mais écoutez ce fill d’anthologie, d’une douzaine de secondes, qu’il nous offre aux alentours de la troisième minute : monstrueux, et tout retombe en place ! Il n’y a pas de doute, si aujourd’hui M. Zampieri est un des batteurs phares de la scène hexagonale, ce n’est pas parce que c’est le fils à son père, mais bel et bien parce qu’il est extrêmement talentueux. Une valeur sûre.

 


Franck Agulhon Orlando Poleo

Le batteur français détient la palme de la plus petite batterie de la soirée : quatre fûts, deux cymbales, dans la plus pure tradition jazz. A ses côtés, le célèbre joueur de congas, Orlando Poleo. « La taille du kit ne fait pas le batteur », tel pourrait être le message de Franck Agulhon. Beaucoup de nuances ponctuent le morceau, et les deux compères se complètent parfaitement. Une grande leçon de modestie.

 

Neil Conti
Neil Conti et le chanteur Wes Madiko

Batteur, entre autres, de Prefab Sprout et de Deep Forest, Neil s’est allié avec le chanteur camerounais Wes. Ce passage, totalement improvisé, est certainement le plus original de l’ensemble des 10 pistes que contient le CD. Les deux musiciens nous racontent une belle histoire rythmique, contée par Madiko, rythmée par Conti. Les onomatopées chantées par le Camerounais attirent notre attention : le chant peut parfois devenir une percussion ! Atteindre un tel niveau en improvisant a de quoi laisser rêveur.

 

Furio Chirico

Furio, Italien bodybuildé, est un batteur assez original. « Gaucher des mains et droitier des pieds » 1, la disposition de son kit devient alors assez particulière. Jugez-en par vous-mêmes : http://www.furiochirico.com/furset.htm ! Le morceau, concocté par « Gigi Belligoni, guitariste de mon groupe Arti & Mestieri » 1 fait lui aussi preuve d’une belle originalité. En effet, il s’agit d’un « tango argentin, mélangé à du funk » 1 ! Le résultat est tout simplement somptueux ! A découvrir de toute urgence !

 

Dom Famularo

Ce jovial batteur, sourire éternellement accroché aux lèvres, nous fait l’honneur d’un solo de plus de cinq minutes. Dom possède une grande maîtrise en matière de double pédalage. Sa vitesse est impressionnante, comme celle de ses mains ! De plus, sa coordination membres inférieurs / membres supérieurs m’a véritablement scotché ! Malheureusement, je trouve le son de la grosse caisse un petit peu trop «mécanique». Mais ce solo reste un régal pour les oreilles ! Un grand monsieur.

 

Mel Gaynor

Batteur de Simple Minds, il représentait la marque Arbiter et leur concept novateur de tension des peaux. A l’écoute de ce solo, nous ne pouvons qu’admettre que ce système fonctionne plutôt bien ! Le son est excellent, la batterie ne se désaccorde pas, et selon Mel, « l’accord est extrêmement précis » 1 ! Mel Gaynor nous offre ici un solo très efficace. Un joli point final.

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Enregistrer cet album était un pari délicat. Rendez vous compte : quinze musiciens, dont dix batteurs, jouant sur dix batteries différentes ! Je tire donc mon chapeau à l’ensemble des professionnels qui ont réalisé cette lourde tâche pour nous offrir un enregistrement de grande qualité !

Comme vous l’aurez remarqué, mes critiques sont plutôt positives ! Cependant, j’ai tout de même un grand regret. Comme chacun sait, un CD n’offre pas un espace illimité : il a donc fallu sélectionner certains passages pour en abandonner d’autres. De plus, cet évènement fabuleux aurait pu être l’occasion de réaliser une vidéo, ce qui n’a malheureusement pas été le cas.

Bon, je vous laisse, je retourne à mes rudiments !

Dossier réalisé par MoissonneurBatteur - avril 2006

Crédits Photos :

 

(1) : citations extraites du reportage paru dans le numéro 120 de Batteur magazine (février 1999) écrit par Férid Bannour. Il m’aura bien aidé pour me plonger dans l’atmosphère de l’évènement.

 

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CHRONIQUE : Batnight '98

Par MoissonneurBatteur