Rammstein : "reise reise" - 2004 (par "Silk" sur les forums)
Le 28 Septembre 2004 sortait la nouvelle galette des 6 germains de Rammstein en Europe. La musique de Christoph Schneider (le batteur du groupe) et de ses 5 potes est caractérisée par des riffs de guitares bien gras et une batterie simple qui cohabite avec les machines ; le clavier étant toujours au rendez-vous. « Reise, Reise » se situe en effet entre le métal « carré » de « Herzeleid » (le premier opus du groupe -1996-) et le « mélodique » de « Mutter » (troisième disque du groupe sorti en 2001). Ils avaient annoncé du changement pour leur nouvel album. « Reise, reise » est enfin là : écoutons voir… Premier morceau : « Reise, Reise » Un roulement de caisse claire, puis des oiseaux qui chantent (des mouettes). Puis les chœurs, si marqués dans Mutter, qui nous rappellent le Rammstein tant aimé par les fans. Puis le « vrai Rammstein » commence : la batterie carrée, le synthé semi-gothique mais envoûtant, les deux guitares bien lourdes… Puis le parler de Till (chanteur) qui entonne le premier couplet (la musique baisse) suivi du refrain : c’est… comment dire… puissant ! Le jeu de charley est plus complexe qu’il n’y parait ; ne vous y fiez pas ! L’accordéon final calme l’ambiance pour des raisons de sécurité, puisque suit le si controversé « Mein Teil » : C’est de la grosse guitare mixée avec une batterie simple et un petit fond de clavier (inquiétant). Le tout s’arrête et laisse place à une basse accompagnée de roulements de caisse claire et du clavier (toujours le clavier ; omniprésent) pour le premier couplet. Enfin on entend la voix lugubre de Till. Ambiance gaie, donc, pour ce deuxième morceau mais c’est du bourrin, c’est toujours du Rammstein, même si c’est plutôt l’influence de l’album Herzeleid qui transparaît ici. La partie batterie est simple mais efficace : c’est du bourrin. En troisième position, voici « Dalaï Lama » : Là, question rythmique, c’est un peu plus complexe, notamment au charley. Ca nous change de la rythmique basique du Rammstein que l’on connaissait… Mis à part ça, on est toujours dans le Rammstein « qu’on aime » : clavier, guitares grasses, charley desserré… Tout colle pour notre plus grand bonheur. Le refrain est brutal, martial, cependant on est déçu par la chute qui est longue à se concrétiser, avec un dernier refrain un peu trop long sur les bords. Puis arrive « Keine Lust… » (littéralement : « Pas envie »), quatrième titre de l’album : Ça commence tout doux puis ça enchaîne dur… Mais au niveau de la voix, c’est autre chose, c’est plus mélodique. Et puis on notera un changement significatif à la batterie : des breaks !! De la double-pédale !! Un rythme dur et soutenu !! La rythmique est bien appuyée et met, cette fois, le batteur en valeur. Pour continuer, comme si le groupe voulait nous persuader d’un changement majeur dans leur musique, « Keine Lust » est suivi de « Los » : un morceau entièrement a-cous-ti-que. Il faut le croire ! La voix ne change pas de registre : c’est toujours ce parlé si caractéristique (on notera tout de même la présence de l’harmonica (!), joué par Till lui-même !!!). C’est bien groovy ! Un titre surprenant mais qui prouve que le groupe peut être varié… Enfin, le single « Amerika » arrive sur un fond de clavier : Mais là, ce n’est plus Rammstein. On est presque déçu. « C’est trop ‘’pop’’ !! », comme l’a dit Christoph Schneider lors d’une interview. C’est d’ailleurs un morceau d’une simplicité déconcertante (voir ennuyante) à la batterie. On penserait que Rammstein se lance dans la quête de l’anti-américanisme : c’est le cas. La chanson (une de leur première « engagée » avec « Feuer Frei ! ») est en effet très ironique et critique le système capitaliste américain, notamment avec le refrain « We’re all living in Amerika… ». En effet, les teutons, lors d’une interview, ont exprimé le contentement qu’ils avaient à faire transparaître (enfin) leur opinion politique sur un album. Un seul souci : Rammstein virerait-il vers ce style de musique dit « commercial » ? « Moskau », septième titre de « Reise, Reise » : très mélodique cette fois (grâce au clavier et à la voix féminine qui entonne « Moskau !! » pendant le refrain). On trouve quelques finesses au niveau de la mélodie, et surtout le solo d’accordéon de Flake, le claviériste. Et puis cette chanson est chantée à moitié en Russe (original !). En huitième, une chorale commence accompagnée de la caisse claire de Schneider. Le refrain est mélodique et donc en rapport avec l’évolution du précédent opus « Mutter ». La fin du pont est marquée par la reprise du chant de chorale qui reprend le refrain, puis le clavier s’y rajoute, puis la voix de Till (si mélodieuse) et enfin un rythme assez original de la part de Schneider à la batterie… C’est beau ! C’est épique ! Un très bon morceau. Tiens donc ? « Stein um Stein » : Alors là, c’est spécial ! Le couplet est tout gentil et puis on se retrouve avec un refrain de barbare, discordant, criard… Les cris de Till sont à glacer le sang, et Schneider nous fourni une rythmique trop facile, morne et décevante… Bref, un titre plutôt loupé… « Ohne Dich » sonne la fin de cette « folie » par un mouvement de violon et la voix envoûtante et calme (!) du chanteur prend la suite, sur un fond de basse. Un morceau calme avec des violons, c’est beau ! La chanson se termine calmement, détendue malgré les guitares plein pot… C’est malgré tout un titre magnifique et envoutant. Ca pourrai faire « tube », mais le refrain (presque émouvant) est là pour nous rappeler que non, nous n’écoutons pas de la variété allemande mais bien du métal. Enfin, on termine avec « Amour », un morceau calme avec pour la batterie en guise de charley, le cercle de la caisse claire. C’est assez groovy. Le refrain est comme on aime : Bonnes guitares, voix grave… Au deuxième refrain, Till part dans un chant plus haut, plus mélodique… Il est suivi d’un solo de Flake. Le morceau se termine à la System of a Down : cinq secondes de pure violence discordante ! En conclusion, « Reise, reise » est
un nouvel opus réussi pour Rammstein, et le dosage entre le
brutal de Herzeleid et le mélodique de Mutter a porté ses
fruits. Rythmiquement parlant, on peut parler d’un pas en avant
pour les six compères, étant donné la plus grande
diversité des rythmes offerts par l’un des batteurs
les plus « carrés » du métal actuel.
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Silk (fev 2005)
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