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The Police et Sting

Christophe Crénel

 

Christophe Crénel est journaliste. Il anime des émissions musicales pour M6 et OUÏ FM. Avant d’écrire ce livre, il s’est nourri d’une documentation fournie : de l’interview de Stewart Copeland parue dans un batteur magazine de 1995 à l’incontournable autobiographie de Sting, Broken Music, l’auteur semble avoir lu tout ce qui concerne Police : livres, magazines, journaux, sites Web, DVD…

Le lecteur ne s’ennuiera jamais, pris dans un rythme envoûtant. Bien sûr, la carrière du groupe est relatée dans ses grandes lignes, le format ne permettant pas un développement très approfondi. Mais nous découvrons une belle histoire : celle de Police et de ses membres.

Chaque musicien est l’objet d’une biographie. Ce sera l’occasion de mieux connaître la vie d’Henry Padovani, premier guitariste à avoir joué avec Sting et Stewart Copeland. L’auteur nous décrit aussi une période de renouveau, que Police incarne à merveille.

Le punk commence à s’éteindre et la musique cherche ses nouvelles stars. Cependant, Police n’a pas connu un succès immédiat. Sous l’impulsion du batteur, qui est à l’origine de la formation du groupe (point sur lequel l’auteur insiste), Police débute comme un groupe punk assez banal.

Mais un concert en 1977 déclenche une révolution. En effet, Sting et Copeland jouent avec un nouveau guitariste, Andy Summers, en formant une formation éphémère qui prend le nom de Strontium 90. Andy décide alors de se joindre à Police, ce qui provoquera le départ d’Henry Padovani, le guitariste corse des débuts.

Le trio délaisse alors le punk pour se consacrer à un pop-reggae novateur qui va lui conférer un statut de groupe mythique. Jusqu’au milieu des années 80, Police enchaîne les tubes, les tournées mondiales, les albums vendus à des millions d’exemplaires. Mais des tensions finissent par éclater, notamment entre Sting et «son» batteur.

La séparation du groupe, toujours non officielle, finit par avoir lieu. Sting entame alors une carrière solo, ponctuée de musique et d’engagements humanitaires. L’auteur consacre un chapitre (le livre en comporte cinq) à cette aventure, en gardant néanmoins son sens critique. Même s’il mentionne les parcours de Stewart et Andy après le clash du groupe, ces deux musiciens semblent avoir été mis de côté au profit de la superstar Sting.

Christophe Crénel n’oublie pas de ponctuer le texte de nombreuses anecdotes croustillantes. Nous apprenons ainsi avec amusement la naissance du nom Sting (Gordon Sumner s’est un jour habillé d’un sweat à rayures jaunes et noires, lui donnant l’air d’une guêpe, d’où le nom « Sting », ou « dard » en français), ou encore l’origine des têtes blondes de Police (pour les besoins d’une publicité de chewing-gums, les trois musiciens se sont teints les cheveux).

Quelques témoignages, recueillis par l’auteur, viennent agrémenter le tout. Miles Copeland, frère de Stewart, manager de Police puis de Sting jusqu’à la sortie de l’album Brand New Day, contredit l’auteur sur les tensions qui ont abouti à la séparation des musiciens : selon lui, elles n’étaient pas aussi violentes que ce que raconte Christophe Crénel. Henry Padovani, le guitariste des débuts, que l’auteur avait quelque peu oublié après son éviction du groupe, vient nous éclairer sur sa vie pendant et après Police. Marc Zermati, avait invité Police à un festival punk français en 1977.

Il nous donne son analyse du groupe, mais aussi du mouvement Punk et n’oublie pas de critiquer l’un et l’autre. Sans Phil Sutcliffe, journaliste anglais et co-auteur de l’Historia Bandido, une biographie du groupe, la rencontre entre Stewart Copeland et Sting ne se serait peut-être jamais faite. Antoine de Caunes, une célébrité, journaliste avant tout, avait invité Police pour une émission qu’il présentait sur Antenne 2, Chorus, en 1979. C’est d’ailleurs lui qui signe la préface. Et enfin, Manu Katché, le célèbre batteur français qui a joué avec de nombreuses stars, témoigne sur la période pendant laquelle il accompagnait Sting.

Pour terminer, l’ensemble de la discographie de Police et de Sting ainsi que les sources de l’auteur viennent renseigner le lecteur exigeant qui aimerait en connaître plus sur ce groupe !

Le travail fourni est fidèle à la réputation de la collection Librio Musique. Précis, efficace, court, clair et sérieux sont des adjectifs appropriés pour le caractériser. Comme à l’habitude, une seule photo est présente dans cet ouvrage d’environ 90 pages : celle qui réunit les trois têtes blondes sur la couverture.

Ce livre est sorti en 2005.

Dossier réalisé par MoissonneurBatteur - avril 2006

Image trouvée sur le site Amazon.com

 

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CHRONIQUE : The police et Sting

Par MoissonneurBatteur