Simon ALLEN : The New Mastersounds

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Simon Allen par Superelien

Simon vous offre le titre de The New Mastersounds suivant :


Jack McDuff's 'Butter for Yo Popcorn'

Maj du 24 mars 2008 : vidéo de plus de 30 minutes de concert : ⇒ cliquez ici !

Simon Allen's interview
English version here !

Tob : Simon Allen, qui es tu ? Peux tu te présenter au public français et en particulier à nos amis batteurs ? D’où viens tu ? Quelles sont tes passions ? Et ta carrière ? (et pour les filles, taille, couleur des yeux et des cheveux, es tu marié ?)

Simon : j ’ai trente quatre ans, je suis né à Leamington Spa en Angleterre. Je suis batteur et co- fondateur de ‘’The New Mastersounds’’, groupe formé en 1999. Je mesure 1.73 m, mes yeux sont de plusieurs couleurs mélangées, j’ai les cheveux bruns. Je suis marié, père de deux jeunes enfants, dont je m’occupe, à la maison, à Leeds, quand je ne suis pas en tournée. Mes centres d’intérêts sont la musique, le cinéma, les comédies, la photographie et la psychologie évolutive. Je suis athée et rationaliste engagé.

Tob : Quel est ton parcours musical ? Qu’est-ce qui t’as amené à jouer de la batterie ?

Simon : J’ai joué du piano à la maison dès l’âge de 8 ans. J’ai joué des claviers dans des groupes de reprises avec des copains d’école quand j’étais adolescent et j’ai commencé à m’intéresser à la batterie à ce moment-là.

Simon AllenTob : Comment as-tu appris la batterie ? As-tu suivi des cours ou bien es-tu autodidacte ? Et à présent, continues-tu de travailler régulièrement ton instrument ? Si oui, que travailles-tu en particulier ?

Simon : Je suis presque entièrement autodidacte, et j’ai réellement commencé à apprendre comment joué avec l’expérience de la scène, aux frais des premiers publics. Je n’avais pas vraiment honte de jouer en public bien avant d’être professionnel compétent !!! J’ai suivi quelques cours quand j’étais à l’université, en 1993, avec un batteur qui tournait avec Wham ! Il aimait mon style et mon feeling personnel, et n’a pas essayé de changer ma technique non conformiste, mais m’a donné des conseils très utiles sur les dynamiques rythmiques, les accentset les ouvertures au charley. Son regard positif m’a donné confiance pour me considérer personnellement comme un véritable batteur.

Je n’ai jamais été capable de m’entraîner seul très longtemps … L’instrument m’apparaît dénué de sens en l’absence d’un bassiste. Cependant, je peux me mettre à travailler seul si j’ai un but précis. Par exemple, quand il s’est trouvé que nous allions avoir quelques concerts avec Lou Donaldson, en 2004, j’ai travaillé dur pendant 2 mois sur des grooves soul- jazz, plutôt en écoutant et en jouant sur des enregistrements originaux de Leo / Idris. Celà a vraiment changé ma façon de jouer. Plus récemment, on a joué un concert tribute à James Brown pour le Saint Paul Soul Jazz Festival, et de nouveau, j’ai énormément travaillé pour analyser et absorber les grooves originaux, en jouant sur les CD. Si tu écoutes soigneusement, au casque, les enregistrements de James Brown, il y a de nombreuses surprises. Par moment c’est difficile de savoir exactement ce que fait la batterie à cause de la manière dont les enregistrements ont été produits..

Tob : Joues-tu d’autres instruments ?

Simon : Un peu de piano, tard la nuit, si j’ai bu, à condition qu’Eddie Roberts ne soit pas là … Il déteste mes interprêtations bancales de chansons d’Elton John ou de Billy Joel.

Tob : Quels conseils peux-tu donner à un batteur débutant ? As-tu des conseils spécifiques pour groover comme tu sais le faire ?

Simon : Je ne crois pas que tu puisses enseigner le groove. Celà vient après des années à absorber toutes sortes de musiques, et celà vient de la synergie entre les musiciens. Pete Shand, le bassiste, et moi, essayons toujours de comprendre comment cela fonctionne !
Mais je pourrais conseiller un batteur moins expérimenté sur les bases du jeu en groupe. Par exemple, savoir comment et quand laisser de l’espace pour les autres musiciens, et comment jouer en dynamique, c'est-à-dire avoir le bon volume, construire, nuancer, etc. Le groove, pour moi, c’est quelque chose d’organique.

Tob : Tu joues avec Eddie Roberts depuis 1997, si je ne me trompe pas. As-tu joué avec d’autres groupes, dans d’autres styles ?

Simon :Exact … Avant, mon style était plus propre, plus précis, moins terrestre. J’ai été influencé par le jazz/funk contemporain, par exemple : Incognito, et d’ autres groupes comme Steely Dan, ainsi que par le son du milieu des années 70 des Tower of Power et Headhunters. J’ai eu un groupe de 8 musiciens, « Elevator », qui a, une fois, eu pour vedette le chanteur John Mc Callum, qu’on peut entendre sur le récent single de Haggis Horns : « Hot Damn ! ».

Quand j’étais plus jeune, j’ai aussi joué dans un groupe de soul, « Eden », et dans le groupe « Man Alive ». C’était plus « acid jazz », à la ‘’Brand New Heavies’’. Aucun de ces groupes n’a réalisé un enregistrement, mais c’étaient des expériences enrichissantes et nous jouions quelques concerts à Leeds et ses alentours, nous répétions beaucoup, et en développant des arrangements.

Tob : Quelles sont tes influences musicales ?

Simon : Celles que je viens de citer plus haut. En plus, Eddie m’a fait écouter les originaux des Blue-Note : Idris, Grady Tate et Alia. La façon dont je joue maintenant est plus influencée par Eddie et Pete que n’importe quel autre batteur.

Tob : Quels sont les batteurs que tu apprécies particulièrement ?

Simon : J’ai joué récemment à la Nouvelle Orléans, et Adam Deitch, dont je n’avais jamais entendu parlé est venu me rejoindre, s’est assis derrière mon kit, et il m’a épaté, alors ensuite j’ai cherché des infos sur lui sur internet, il a une carrière musicale impressionnante. Je ne sais cependant pas qui est ma référence ultime.

Tob : Peux-tu nous definir le style “Simon Allen” ?

Simon : Pas vraiment, mais quand je fais mon travail correctement, la plupart des adjectifs suivants devraient caractériser mon jeu : énergique, dynamique, vieille école, résolu, drôle, ajusté, attentif, enthousiaste, de bon goût, émotif, pas orthodoxe.

Tob : Simon, tu joues comme un gaucher sur une batterie positionnée en droitier. Es-tu réellement gaucher, ou travailles-tu le charley avec la main gauche et la caisse claire à la main droite ? Quels sont les avantages et désavantages de cette manière de jouer.

Simon : Aha ! Je ne connais pas la réponse à cette question vu que je n’ai jamais joué autrement ! Je pense que ce doit être plus difficile de faire des descentes de toms en douceur quand tu guides avec la main gauche, mais c’est peut être plus facile de jouer toutes ces notes fantômes sur la caisse claire avec un style généreux. L’avantage pour moi c’est que j’ai appris initialement sur les batteries d’autres personnes, sans avoir eu la possibilité de les inverser pour une organisation en gaucher.

Simon AllenTob : Dans les videos de the New Master Sounds que j’ai vues, tu utilises un kit réduit (une caisse claire, une grosse caisse, 2 toms, un charley, une ride et une crash. Est-ce suffisant ?

Simon : Quelquefois c’est réellement trop … quand NMS jouait avec la formation de 8 musiciens, je jouais sans tom du tout … juste la grosse caisse, la caisse Claire, le charley et la ride. Tout ce que tu as à faire, c’est de poser un groove funky, et il y a moins de tentation de frimer, de faire du remplissage et de jouer des breaks inappropriés ! Celà semble quand même plus opportun d’avoir une cymbale crash séparée !!

Tob : Quel équipement utilises-tu en concert , en studio ?

Simon : Ma préférence va pour une grosse caisse de 20”, un tom de 12” et un tom basse de 14”. Je n’ai pas vraiment de préférence sur la marque et le modèle des batteries (ce qui est pratique, comme je n'ai généralement pas à choisir).

Mais la chose importante pour moi c’est le hardware. Le plus pratique pour moi c’est Pearl. Je hais absolument le hardware DW (je ne peux jamais disposer les fùts comme j’ai besoin, et c’est tout juste si je ne me blesse pas en essayant … je n’arrive pas à croire qu’ils arrivent à vendre ca, c’est tellement mal conçu  !). A part leurs pédales de grosses caisses qui sont super bien.

A la maison, j’ai un petit kit d’entraînement au dernier étage, avec une vieille pédale de grosse caisse trouvée dans une remise, un tom de 10’’, un charley, une caisse claire et une ride. J’ai un lecteur CD à côté de la batterie et un casque Sony. Mais avoir avec 2 jeunes enfants aux alentours fait que je n’ai qu’une fenêtre de 2 heures par semaine pendant laquelle je peux jouer sans être dérangé.

Quand je joue en concert ou que j’enregistre en Angleterre, j’utilise ma Pearl Export Pro Fusion (20, 12, 14). Je l’ai achetée en 1992 et elle sonne toujours aussi bien.

Partout où je vais, j’utilise ma propre caisse claire, une Tama Maple Sunburst 14’’x 5.5’’ et mes cymbales : un Charley Ufip Class series 13’’,une ride sabian 20’’, une crash sabian 16’’ medium.

Tob : Je connais plus précisément votre dernier album 102%, la caisse Claire a une sonorité particulière, qu’est-ce que c’est ? Tu aimes t’accorder très tendu n’est-ce pas ?

Simon : Je pense que j’utilisais ma caisse claire Tama pour celui là … mais j’ai dû vérifier sur les photos pour être sûr. Oui, j’aime tendre les peaux, mais pas jusqu’à sonner comme une piccolo. Je suis à la recherche du son « cracking » de James Brown.

Tob : Vu la musique que tu joues, préfères-tu les batteries vintage ou aimes-tu d’autres batteries ? Quelque est la batterie que tu refuses de jouer ?

Simon : En fait, les batteries vintage ne sont souvent pas assez solides pour un concert de NMS. J’ai joué sur une magnifique vieille Gretsch dans le Colorado, une fois, et elle s’est juste écroulée pendant le concert. Elle était conçue pour être légèrement chatouillée par un joueur de jazz, je pense. Quand nous jouons à l’étranger, ce qui est de plus en plus le cas maintenant, je dois me préparer à jouer sur ce qui est fourni … C’est juste les tailles qui sont importantes pour moi, sinon je trouve que les dynamiques entre mes fûts sont toutes fausses. Cà me fausse les sensations pendant toute la première partie du concert avant que je m’habitue à la différence.

Tob : que penses-tu des batteurs solistes tel que Portnoy, Bozzio, ou Lang et leur débauche de matériel et de virtuosité technique ? Ta philosophie de jeu basée sur l’efficacité du groove semble être opposée à ces styles de batteurs non ?

Simon : Exact, mais peut être que ma philosophie de jeu est définie par mes limites techniques ! Je considère ce que font ces gars comme un travail entièrement différent, presque comme un autre instrument. C’est extrèmement impressionnant à regarder, mais ce n’est pas la musique que j’aime écouter régulièrement.

Tob : Quelle est ta vision utopique du batteur parfait ? Quelles caractéristiques doit-il avoir ?

Simon : De la patience, du goût, de l’attention, de la passion, du contrôle, de la discipline, le respect du public, une bonne stabilité du tempo, et une relation personnelle proche avec le bassiste.

Tob : Quelle est la situation sociale des professionnels de la musique en Angleterre . Est-ce difficile de vivre de la musique dans ton pays ? Avez-vous des aides du gouvernement ou d’autres institutions ?

Simon AllenSimon : Pas bonne. Pour vivre correctement, soit, tu dois être membre d’un groupe qui a du succès, ou alors être musicien au top pour faire du studio et jouer pour des groupes pop, mais c’est une poignée de batteurs qui obtiennent ce travail, et la plupart doivent vivre à Londres.

Grâce à son université musicale, la ville de Leeds compte beaucoup de musiciens, compositeurs et producteurs vraiment talentueux, qui sont toujours en marge de l’industrie et se battent pour payer leur loyer. Il n’y a pas d’aide institutionnelle, autre que la protection chômage générale, qui m’a soutenu quelques années quand j’étais plus jeune. La plupart des musiciens que je connais ont une autre activité, parfois musicale, parfois non, qui leur permet de vivre. Ou alors une petite amie avec un bon travail.

Tob : Tu joues au sein de NMS depuis le début ? Comment as-tu rencontré Eddie et comment as-tu créé le groupe ?

Simon : En 1996 je vivais avec un autre musicien, Dan Brown, qui jouait de la basse dans un groupe avec Eddie. Eddie était toujours en quête d’un bon batteur pour le projet, et Dan m’a proposé. Nous avons fait une petite répétition dans notre sous-sol et Eddie a aimé l’approche non technique de mon jeu. J’ai rejoins le groupe et nous l’avons rebaptisé The Mastersounds. Nous portions des costards et jouions dans des club de jazz et des bars à Leeds et Manchester.

Tob : Comment composez-vous votre musique ? Est-ce qu’Eddie écrit tout tout seul ou chacun peut-il apporter ses propres idées ? Quel est ton rôle en particulier ?

Simon : Parfois Eddie écrit tout le morceau avant, et nous l’apprend ensuite, d’autres fois on mélange nos idées, on enregistre la sauce, et alors Eddie arrange le résultat et on retourne enregistrer. Mon rôle est de trouver la manière d’articuler, et ensuite de trouver les arrangements de batterie qui sonnent le mieux. Bien souvent, nous improvisons des grooves étonnants spontanément sur scène pendant la balance d’un concert, mais personne ne les enregistre, et ensuite, le temps qu’on arrive en studio, des mois plus tard, ils sont oubliés, et nous ne pouvons plus les recréer. Mon autre rôle, en tant que manager du groupe, est d’encourager Eddie à écrire des morceaux avant d’entrer en studio.

Tob : Comment Pete Shans, le bassiste, travaille ? Pour toi, qu’est-ce qu’une bonne section rythmique ? Même en écoutant un enregistrement studio, on ressent une grande complicité entre vous tous.

Simon : Et bien, les enregistrements studio sont toujours des prises live, nous jouons tous les 4 en même temps, donc ton jeu doit être instinctif et rigoureux ! Pete et moi avons beaucoup de points communs, nous sommes autodidactes, nous jouons entièrement à l’oreille bien que Pete soit un musicien plus confirmé que moi. Pete et moi nous connaissons parfaitement et nous respectons en tant que musiciens depuis presque 15 ans, et en plus, on rigole bien, ce qui est important dans toute relation humaine !

Tob : Comment se déroulent les enregistrements pour recréer l’atmosphère musicale ? Vous enregistrez-vous en live ou alors utilisez-vous un pro tools ?

Simon : On s’enregistre en live, tous dans la même pièce, en utilisant des écrans acoustiques pour permettre un peu de séparation acoustique sur les pistes audio. Parce qu’il y a toujours un peu de repisse dans les micros, nous devons être capables de jouer un morceau du début à la fin sans trop d’erreurs. Habituellement, après chaque prise, l’un de nous n’est pas content d'un passage de la prise, mais Eddie prend la décision de ce qui est utilisable ou pas. Aucune prise n’est parfaite, mais avec NMS, ce qui compte c’est le feeling.

Tob : Depuis la création de NMS, est-ce que le line-up a beaucoup évolué ? Rob Lavers (sax, flûte), vous a rejoint pour l’album ‘’102%’’. Est-il venu juste pour une courte collaboration ou bien va-t-il intégrer le groupe ?

Simon : Depuis 1999, le noyau du groupe, a été Eddie, Pete, Bob Birch à l’orgue Hammond et moi. Entre 2000 et 2002, nous avons eu Cleve Freckleton comme leader, avec le Haggis Horns. Ce qui faisait une formation de 8 musiciens mais il n’y avait qu’une toute petite place pour l’improvisation, et il était difficile de communiquer avec autant de personnes à travers une grande scène.
Bob nous a quitté au début de l’année et maintenant nous avons Joe Tatton aux claviers. Le jeu de Joe est différent de celui de Bob, il est plus fort au piano qu’avec un Hammond, mais nous sommes en train d’intégrer ce son beaucoup plus que nous ne le faisions, jusqu’à maintenant.

Rob Lavers a été plus ou moins avec nous en intermittence pendant presque une année. C’était très intéressant d’explorer de nouveaux horizons musicaux avec le sax et la flûte, mais nous allons nous concentrer sur le groupe de 4 membres de nouveau pendant un moment, pour se recentrer sur la section rythmique. En 2005, pour l’album ‘’This is what we do’’, nous avons travaillé avec le percussionniste Sam Bell, et nous l’avons pris sur pas mal de nos concerts. C’est bon pour nous de travailler avec des musiciens invités, mais l’essence de NMS c’est la basse, la batterie, la guitare et l’orgue, comme les « Metters ».

Quant au chant, nous sommes conscients que le fait de ne pas avoir de chanteur limite les lieux ou nous pourrions jouer en tant que groupe, mais ce serait une erreur pour NMS de devenir un groupe qui accompagne un chanteur, sauf si c’est pour Al Green, juste parce que le public a du mal à comprendre la musique instrumentale. Nous serions disponibles pour être engagés en tant que super section rythmique de Soul, mais l’identité de NMS est d’être un groupe différent de cela. Joe peut chanter plutôt bien, et quelques fois nous jouons des morceaux comme « who’s making love » où nous chantons tous un peu. En plus, on parle au public, donc ils savent que nous sommes humains !

Simon Allen - the new master sounds

Tob : Quand vous jouez avec un chanteur, comment se passent les rencontres ? Est-ce que c'est les artistes qui vous sollicitent ou est-ce vous qui faites les premiers pas ? Est-ce que la façon de travailler et de jouer est très différente avec un chanteur ou en situation purement instrumentale ?

Simon : Cleve est venu nous voir jouer à Leeds quand nous y avions une résidence hebdomadaire dans les premières années. Il s’est porté volontaire donc on lui a laissé faire un essai. C’est un étonnant homme de scène. Les concerts étaient très différents, pratiquement aucun solos, juste des arrangements en finesse.

Tob : J’ai lu qu’un concert de NMS pouvait durer 3 heures ! Qu’est ce que tu prends : café ? alcool ? Drogues ?

Simon : Je ne bois pas de café, les amphétamines te font accélérer, et la cocaine ce n’est pas bon pour un concert de 3 heures … l’effet s’arrête après 20 minutes et tu ne peux pas te sniffer une ligne sur le tom basse à cause des vibrations !!

Plus sérieusement, si nous jouons tard la nuit, Pete et moi essayons de faire un petit somme de 2 heures après la balance. C’est pourquoi nous manquons habituellement le groupe de première partie. Le plus long concert que nous ayons jouer, jusque-là, a été de 4 heures à San Francisco, mais nous avions eu une pause de 20 minutes au milieu et quelques invités ont joué. Donc ce n’était pas trop dur.

Tob : Plus sérieusement, à quoi ressemble un concert de NMS ? Avez-vous un timing très strict ou bien laissez-vous la place à l’improvisation ? Avez-vous déjà raté un concert ?

Simon : Eddie écrit la liste des morceaux en fonction du temps qui nous a été donné pour jouer. Plus le concert est court, plus notre timing doit être strict. Actuellement, on considère qu’un concert de moins de 90 minutes est juste une espèce de bande annonce, et on n'improvise presque pas. Les interventions en journée dans un festival durent de 60 à 75 minutes mais quelque-soit le nombre de fois que nous jouons, nous devons régulièrement supprimer 2 ou 3 titres de la liste des morceaux car nous sommes à court de temps.

Simon AllenAvant que nous commencions à jouer aux USA, nos arrangements étaient toujours courts : 3,5 à 5 min max et il n'y avait pas beaucoup de variations sur chaque titre d’un concert à l’autre. Nous avons appris que le public, là-bas, attendait plus d’improvisation d’un groupe comme NMS. Ils sont très tolérants quand une impro n'est pas au top, mais ils sont récompensés quand tout s’ajuste par magie, quand le groupe est dans un territoire complètement nouveau. Maintenant, si tu regardes nos morceaux « live » qui sont pour la plupart archivés sur le net, , tu vois que la plupart des titres durent au moins 8 minutes ! Nous avons ramené cet esprit d’improvisation en Europe et avons trouvé que le public apprécie vraiment beaucoup ici aussi.

Pour moi un concert de NMS échoue seulement quand le public n’est pas au rendez vous, par exemple, jouer devant 20 personnes dans un théatre. Ca arrive parfois avec des promoteurs inexpérimentés ou stupides. C’est dur pour nous de groover dans un tel contexte, mais nous faisons toujours de notre mieux pour donner du plaisir aux gens qui sont là. Nous jouons de la musique qui se danse. Notre meilleure musique se crée par alchimie entre nous et l’énergie d’un public déshinibé. Même s’il y a des problèmes techniques terribles : son des retours horrible, mauvais amplificateurs, une batterie cassée, si le public est bon, le concert fonctionnera.

Tob : Quelle est ta meilleure et ta pire expérience en concert ?

Simon :Le pire concert que j’ai en mémoire maintenant a eu lieu à Oldham dans le nord de l’Angleterre. C’est un endroit sinistre la plupart du temps. Pour cette occasion, le promoteur était un grand fan de NMS, et travaillait pour le conseil local. Il avait accès à l’argent du conseil donc le cachet était bon. Le problème c’était qu’il était le seul fan de funk dans la ville. Le lieu était le genre d’endroit ou les jeunes tatoués vont chaque samedi écouter les tubes des années 80 et 90, se saouler et se battre. Pendant le concert, il y avait environ 15 personnes qui regardaient la scène du fond de la salle. Dès que nous avons fini de jouer, le DJ a lancé Happy Mondays ou un truc dans le genre, et les gens se sont rués et ont rempli la piste de danse. Nous avons dû replier tout notre matos sous la pluie et conduire jusque Leeds, durement démoralisés ! Le weekend suivant, nous étions à San Francisco, jouant un de nos meilleurs concerts de toute notre carrière ! C’est vraiment un drôle de métier !

Tob : 102% est le cinquieme album, j’ai vu sur internet que nous pouvons trouver certains de vos albums en vinyl, 'Thirty Three'', ''Theses Is What We Do'', par exemple. Pourquoi ce choix, pour les DJs ?

Simon : Principalement pour les DJ’s et les collectionneurs, oui. Nous avons commencé à jouer dans les clubs funk entre les morceaux des DJ’s. Ils travaillaient tout le temps avec des vinyls, et c'est notre premier single, sorti en 45 tours, qui nous a fait connaitre en dehors de Leeds. Donc c’est une partie de notre tradition de sortir des vinyls.

Tob : Le scène anglaise est particulièrement active pour tout ce qui est musique soul, funk. Alors qu’en France il n’existe quasiment rien, comment expliques-tu ce phénomène ?

Simon : Nous devrions assister à une renaissance mineure dans la tendance musicale Soulful Funky , avec des personnes comme Amy Winehouse. La dernière résurgence date de la fin des années 80 début 90 avec l’acid jazz : JTQ, Corduroy, Brand New Heavies, etc…. Mais ces 8 dernières années il y a eu une baisse d’intérêt, en Angleterre, pour ce genre de musique. Beaucoup de promoteurs qui ont essayé de maintenir cette musique vivante ont dû fermer leur boites de nuit ces dernières années parce il n’ y a simplement plus de public. Les étudiants anglais avaient l’esprit plus ouvert par le passé, volontaires pour essayer des choses inhabituelles, mais il semble que maintenant tout doit être uniforme, et approuvé par la télévision. Je ne veux pas être trop négatif, nous devons sortir de l’Angleterre pour trouver notre public, mais c’est super pour nous, pour voyager et se faire de nouveaux amis partout dans le monde !

Tob : NMS a déjà joué en France, gardes-tu un bon ou mauvais souvenir de cette expérience ? Penses-tu que NMS a un public francais, et que plus généralement la "soul funk music" a un public en France ?

Simon : J’espère … Nous venons de nouveau en octobre pour 2 semaines. Je pense que les promoteurs de Funk en France font face aux mêmes difficultés que ceux en Angleterre, mais il est peut-être plus facile de vendre un groupe anglais ou américain en France. Je ne sais pas. Cela prendra encore quelques voyages pour se faire un public fidèle, comme çà a été le cas aux USA. La dernière tournée de concerts que nous avons faite en France, sans compter Saint Paul, a été une expérience mitigée, certains publics étaient meilleurs que d’autres.

Tob : Vous avez tourné aux USA en juin et juillet, et ensuite un passage rapide à Saint Paul trois châteaux en France à la fin du mois de juillet avant de retourner dans votre pays en Aout, et après ? Que peux-tu nous dire à propos du jazz soul funk festival à Saint Paul, où vous étiez pour 2 soirées en tête d’affiche ? Et la prochaine tournée en France ?

Simon : Saint Paul Soul Jazz, c’est la seconde année pour ce festival. Les 2 mecs qui s’en occupent (Fabrice et Stefan) s’occupent également du label Soul Cookers Records. Ils sont de grands fans du groove à l’orgue Hammond. La première nuit nous avons joué en tant que NMS, la seconde nuit nous avons joué un hommage à James Brown. On s’est bien marré !

Après nous sommes retournés aux USA pour seulement 3 concerts – nous avons ouvert pour ‘’The Headhunters’’ à Chicago, puis nous sommes allés à Austin pour jouer sur un festival avec Stanton Moore, Karl Denson, Ivan Neville et de nombreux autres musiciens et groupes étonnants. Quand nous sommes rentrés, nous avons fait quelques concerts en Angleterre et puis nous sommes partis pour Menorca pour une semaine. On a joué 3 concerts là-bas. C ’est notre 4ème année consécutive et nous avons un bon public en Islande maintenant. Et c’est bien aussi de faire une pause là-bas.

Je suis à la maison en ce moment, je travaille sur l’enregistrement du label et quelques questions de gestion jusqu’à ce que nous partions en France le 10 octobre. Je n’ai pas joué de batterie depuis presque 3 semaines et çà me manque ! Il est temps de se remettre à travailler, je pense ! Boo !!

Tob : Quels sont les pojets à venir pour NMS et pour toi en particulier ?

Simon AllenSimon : Je travaille avec Eddie Roberts pour préparer le prochain album de NMS. Je ne peux révéler aucun détail pour le moment, mais nous espérons pouvoir le faire entre maintenant et Noël. Aussi, nous calons des voyages en Allemagne et aux USA en novembre tout en préparant le calendrier pour 2008, qui pourrait comprendre un retour au Japon.

En ce qui me concerne, les prochains mois seront un équilibre entre jouer sur scène, jouer en studio, et l’ennuyeux travail administratif qui est essentiel pour continuer la scène. En plus, je m’occuperai de mes enfants, la plupart du temps. Je suis en train de plannifier quelques concerts à Leeds avec notre organiste Joe Tatton, qui a un projet de trio vocal. J’ai fait une séance d’enregistrement pour Corinne Bailey Rae, récemment. J’aimerais faire plus souvent ce type de travail, comme j’aime le challenge d’apprendre de nouveaux arrangements et la précision qu’exige la musique pop. Cà me renvoie à mes racines de batteur !

Tob : Si tu avais la possibilité de jouer avec les musicians de ton choix de n’importe où dans le monde, qui seraient-ils et quelle serait ta dream team ?

Simon : Et bien, j’ai joué avec quelques bassistes stupéfiants lors de mes voyages avec NMS mais je pense que je choisirais quand même Pete à chaque fois, donc il est déjà dans ma Dream Team ! Je n’ai pas non encore trouvé une section cuivre meilleure pour battre ‘’The Haggis Horns’’, même s’il y a quelques musiciens super dans les parages. J’adorerais jouer de nouveau avec Lou Donaldson, il a un son tellement distinctif.

Ce serait sympa d’avoir Fred Wesley dans l’équipe. Robert Walter qui a joué dans Greyboy Allstars, Headunters, Stanton Moore Trio, est un joueur de claviers inspiré. J’ai de la chance, d’avoir pu le voir beaucoup jouer aux Etats Unis. J’aimerais jamer avec Ben Folds. Et quelques-uns des vieux routards de l’orgue Hammond : Reuben Wilson, Lonnie Smith.

Tob : Si tu avais la possiblité de boire un verre avec la personne de ton choix, morte ou vivant, qui choisirais-tu ?

Simon : 3 personnes : Le professeur Richard Dawkins, Stephen Fry et Michael Palin. Oh et si tu m’autorises une personne morte : Douglas Adams…..Merde !! … Ce sont tous des anglais. Qu’est-ce que cela veut dire de moi ?!

Le site web de The New Mastersounds

Dossier réalisé par Prunel70 - Octobre 2007
Traductions : Sabine (un très grand merci à Sabine ! ) et Cédric
Portrait : Superelien

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