Grâce à Roger du label Replica, Papoo (que vous pouvez retrouver sur les forums) a pu assister au concert d'Amplifier, le 30 mai 2005 au nouveau casino de Paris, et passer un bon moment en compagnie des musiciens du groupe, et en particulier Matt Brobin, le batteur.
Vous pouvez retrouver la chronique de l'album éponyme ici - sortie dans les bacs le 6 juin 2005.
Merci à Roger, et à Papoo d'avoir couvert l'évènement pour la toile des batteurs ... et en anglais s'il vous plait !
Cédric
Fiche d’identification :
Nom du groupe : AMPLIFIER
Origine : Manchester (UK)
Musiciens : Sel Balamir (guitare/voix) ; Matt Brobin (batterie) ; Neil Mahony (basse).
Genre musical : Post Classic Rock (influences : Led Zep, Black Sabbath, Pink Floyd)
Discographie : 1er album «Amplifier», 10 titres enregistrés et mixés en mai 2003, sortie européenne 6 juin 2005. Album producers : Sel Balamir, Steve Lyon (The Cure, Depeche Mode). Mixage : Chris Sheldon (Foo Fighters, My Vitriol). Label : Music For Nations.
Liens internet :
Site officiel du groupe : http://www.amplifiertheband.com
Chronique sur le site de BBC UK : ici
Mon commentaire sur le groupe :

Manchester rock triangle Amplifier. Ils viennent respectivement de Londres (Sel, guitare-chant), Cardiff, Pays de Galles (Matt, batterie), Dublin (Neil, basse), et se sont rencontrés à Manchester où ils vivent presque à temps plein ensemble dans le studio où ils répètent et composent, entre deux tournées européennes.
Sur scène, les trois diables créent un véritable électrochoc de métal et de lumière, charnellement enchaînés à leurs instruments et entre eux (il faut voir la complicité basse/batterie), ils produisent un groove puissant et explosif, tandis que la voix extatique de Sel Balamir semble tutoyer l’âme des spectateurs. Pas de doute : à Manchester, l’Europe peut aller puiser une nouvelle énergie. Rock.
Interview de Matt Brobin, batteur du trio Amplifier :
Propos recueillis en anglais et traduits par F.Lepera le 30/05/05 au Nouveau Casino, Paris. Photos live : F.Lepera « Papoo ».
F.L. : AMPLIFIER est un nouveau groupe pour les auditeurs français : peux-tu faire les présentations ?
Matt : Le groupe existe depuis sept ans, nous vivons tous les trois à Manchester. Sel et Neil habitent dans le même quartier, à ce propos la photo que l’on peut voir sur la dernière page du livret qui accompagne notre CD « Amplifier » est une photo du ciel de Manchester prise par le chanteur depuis son appartement.
Nous venons de trois grandes villes bien opposées, mais nous nous sommes connus à Manchester qui reste une ville très rock’n’roll, où il y a beaucoup de groupes et de concerts.
Nous écrivons les morceaux ensemble et travaillons en moyenne six heures par jour. Parfois, j’ai une idée de groove à la batterie et je le propose à mes amis qui construisent leur partie sur cette base. Sel peut m’appeler à n’importe quelle heure pour me dire « hey, Matt, j’ai un nouveau morceau, on peut se voir pour bosser ensemble ? », Neil nous rejoint et on s’enferme dans notre studio habituel pour bosser. Ensuite on fait la jam jusque très tard. Jouer c’est vraiment « fun ».
F.L. : Au fait quel âge as-tu et quelle formation as-tu suivi ?
Matt : J’ai 34 ans, et j’ai suivi une formation d’ingénieur du son et des cours d’arrangement à l’université de Manchester pendant trois ans. Mon père travaille dans le bâtiment au Pays de Galles et il aurait aimé que je travaille avec lui, mais il est venu à un de mes concerts et, avec ma famille, m’a ensuite aidé à étudier la musique et jouer de la batterie.
F.L. : Certains disent que votre musique est influencée par Black Sabbath, Led Zep et Pink Floyd : gros riffs de guitare, sons puissants mais une touche pop… es-tu d’accord ? Peux-tu décrire ce que tu penses de votre musique ?
Matt : Oui, ces influences sont certaines et j’adore John Bonham. D’ailleurs, sur Radio One (BBC) en Angleterre, nos morceaux se mélangent à ceux de Radiohead, Stonerock… des groupes rocks, reggae, et pop. J’adore aussi The Police, The Stone Roses, Franck Zappa.
Notre musique s’appuie sur un « solid groove » et installe une atmosphère planante que j’aime et pour laquelle je travaille en particulier sur les introductions avec les mailloches sur les cymbales pour créer une nappe brillante mais floue, « a kind of mood ».
F.L. : Comment as-tu découvert ton instrument préféré, quel âge avais-tu et comment es-tu arrivé à un niveau professionnel ?
Matt : J’ai d’abord joué du violon pendant trois ans, mais c’était pas assez rock. Je voulais jouer du rock. A treize ans, j’ai commencé la batterie. Mon premier set était une Premier. En fait, j’avais vu Buddy Rich qui est l’un des plus grands batteurs. Et je me demandais si je pourrais jamais jouer comme ça. Puis j’ai été impressionné par le jeu de John Bonham, Keith Moon, et Terry Bozzio dont j’adore le jeu aux côtés de Zappa en 1979.
Au fait, j’ai un message pour les jeunes batteurs :
Pour progresser, il faut beaucoup pratiquer, faire des jams, écouter beaucoup de disques, sortir, rencontrer des gens et parler avec d’autres musiciens.
Il faut aussi se protéger les tympans, personnellement j’ai perdu en qualité d’audition par manque de protection.
(Ndw : rendez-vous sur notre article sur les protections auditives ici)
F.L. : As-tu une autre activité professionnelle en dehors de la musique, où bien celle-ci te permet-elle de vivre décemment ? Ensuite combien de temps par jour joues-tu de la musique ?
Matt : Non, je n’ai pas d’autre job, de toute façon je n’en aurais pas le temps, car je joue en moyenne six heures pas jour et souvent plus. Environ deux heures de technique sur la batterie, puis 4 heures de travail en groupe et composition, plus les jams. Il est certain que vivre de la musique n’est pas facile. Mais c’est mon choix.
F.L. : Dans quel(s) club(s) aimes-tu jouer ?
Matt : En fait mon club préféré est « The Storia » à Londres, mais il y a un tas d’endroits sympas.
F.L. : Veux-tu offrir quelques conseils utiles à nos lecteurs pour l’entraînement ?
Matt : En fait, je crois qu’il est nécessaire de jouer énormément mais il est bon aussi d’apprendre dans une école de musique pour développer un jeu plus personnel et plus riche. Pour le shuffle, il faut écouter le batteur Bernard Purdie, il est excellent.
F.L. : Peux-tu décrire ton drumkit ?
Matt : Je joue sur une Pearl Master Custom (couleur rouge).
Mon set est le suivant :
Cymbales :
Peaux : Evans Drumheads G2 Coated.
F.L. : Utilises-tu un click pendant tes sessions ?
Matt : J’aime beaucoup jouer au click parce que ça permet d’être vraiment en place et de caler le groove. Je travaille souvent avec le click à la maison et en studio. Par exemple, quand on a enregistré le morceau « On/Off » (track n°7 sur l’album), je programmais des vitesses croissantes et décroissantes de click pour donner des accélérations et des ralentissements homogènes.
F.L. : Selon toi, qu’est-ce qu’un bon batteur ?
Matt : C’est un batteur qui groove, qui fait danser. Quand tu l’écoutes, ta tête se met à bouger en rythme sans que tu le veuilles, et ton pied frappe la pulsation.
J’aime beaucoup la dance music d’Underworld, et Sly & The Family Stone. Si tu écoutes Synchronicity de The Police, tu entendras le groove de Stuart Coppeland qui est un grand batteur. Steve Gadd aussi joue avec un groove énorme.
Pour devenir un bon batteur, il faut être à l’écoute des autres, travailler, jouer.
F.L. : As-tu joué dans d’autres groupes avant Amplifier ?
Matt : J’ai eu 6 groupes depuis le collège. Mais Amplifier est exactement le groupe dont je rêvais.
F.L. : Qu’est-ce que tu aimes écouter en ce moment ?
Matt : Et bien… Zappa (One size fits all – Chester Thompson), et aussi Sinchronicity de Police. Sans oublier Led Zeppelin II.
F.L. : Parle-moi de tes projets ?
Matt : Cet été, avec Amplifier, nous allons jouer dans plusieurs festivals à travers l’Europe (Suisse, Hollande, Allemagne).
Ensuite, à notre retour à Manchester, à l’automne, nous devrions commencer à travailler en vue du prochain album.
F.L. : Nous arrivons à la fin de cette interview avec cette question rituelle de la Toile des Batteurs : si tu devais sortir et boire un verre avec une personne, défunte ou vivante, qui serait-elle ?
Matt (souriant) : OK, en fait il y en a deux : John Bonham et Keith Moon.
(Ainsi s’est terminé un agréable moment. Matt, couvert d’une casquette rouge, humble et souriant, est reparti après un superbe concert vers Amsterdam où se poursuit la tournée.)

CONCERT et RENCONTRE avec AMPLIFIER
par F.Lepera. « Papoo » - juin 2005