Entretien avec Guillaume Pihet

Rythmes d'Afrique de l'Ouest adaptés à la batterie

Par Philippe Ballot (août 2005)

Guillaume Pihet vient de sortir sa méthode sur les rythmes afros adaptés à la batterie, Philippe vous propose la chronique de cette méthode ici. L'occasion pour nos deux batteurs de se rencontrer ...

Tob : Bonjour Guillaume, parle nous de ton parcours musical.

GP : J’ai commencé la batterie vers 6/7 ans à l’école de ma commune (St Brice Courcelles) et ce jusque l’âge de15 ans, à la suite de cela j’ai intégré différents groupes plutôt axés rock. J’ai ensuite rencontré un percussionniste pédagogue du nom d’Amdy Seck qui a été pour moi une révélation et l’ayant senti Amdy m’a proposé tout naturellement d’intégrer une de ses formations SAF SAFATY , groupe de percussions africaines.

Tob : Qu’est ce qui pousse un adolescent à développer les percussions africaines ?

GP : Plusieurs choses en fait, la polyrythmie, la puissance du groupe, la façon totalement différente d’écouter le rythme ainsi que le coté félin et agressif.

Tob : Je suppose que l’on n’écrit pas des méthodes d’une telle qualité sans s’être immerger ?

GP : Oui c’est juste, et pour cela je suis allé directement à la source, là où toutes les rythmiques africaines se métissent et convergent, le Sénégal, plus exactement à M’bour, c’est le carrefour international de la percussion.

Tob : Parle nous justement de cette méthode : comment a t-elle germée ?

GP : Tout a commencé à mon entrée au MAI (Musique Academy International de Nancy), à cette époque je travaillais principalement les percussions et j’ai donc dû me remettre à travailler plus sérieusement la batterie, comme dans toutes les grandes écoles on m’a demandé de créer un projet pour mon cursus de fin d’année et c’est là que j’ai eu l’idée d’écrire un livre sur l’adaptation des rythmes africains à la batterie. Ma rencontre avec André Charlier, instructeur à MAI a fait évoluer ma façon de travailler, ce qui a influencé fortement mon jeu notamment dans la façon d’adapter les systèmes au rythmes africains comme le 12/8.

Une fois ma thèse finalisée, je l’ai présentée à Alain Gozzo qui, très enthousiaste, ma encouragé à l’éditer à compte d’auteur.

Tob : Quel conseil donnerais tu à un batteur qui s’intéresserait aux musiques afro ?

GP : De travailler de l’intérieur, essentiellement s’exercer au chant et son placement rythmique par rapport aux claves, ainsi que le débit et la décomposition des phrasés, et biensûr, l’écoute. A la fin de ma méthode j’ai d’ailleurs indiqué un grand nombre de CD joués par les plus grands.

Tob : Question rituelle sur la toile : si tu devais boire un verre avec un mort ou un vivant, ce serait ?

GP : Disons…Tony Williams, à l’époque Lifetime et Soungalo Coulibali grand percussionniste Malien.

 

Entretien réalisé par Philippe Ballot - août 2005

 

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