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Chroniques d'un concert peu ordinaire

Nous étions quatre membres de l'équipe à assister au concert de Thomas, chacun a pu ressentir des choses différentes, voici ce que chacun de nous peut vous dire de ce concert ... peu ordinaire !

===== Thomas PATRIS : concert de batterie solo =====

le 14 janvier 2006, La Fenêtre - Paris

Chronique de Niko

Nous avons été accueillis une heure avant le spectacle afin de prendre contact avec Thomas Patris et son épouse. Nous avons été reçus très chaleureusement. Nous avons pu poser certaines questions qui nous brulaient les lèvres et discuter en toute simplicité. C'est réellement une personne très humaine et sympathique.

L'heure de la "démonstration" est arrivée, chacun à sa place : nous nous sommes répartis sur trois angles (Cédric, son épouse et moi-même) afin de prendre différentes vues photographiques.

La démonstration est pleine d'émotions : elle m'a fait voyager, car en fermant les yeux nous avons pu entendre les vagues de la mer. Je suis même parti au pays des percussions tribales... Pendant le spectacle, je n'ai pas eu l'impression d'avoir écouté une batterie pendant une heure. Le jeu de Thomas et sa mise en scène m'ont fait passé un très agréable moment musical. Un grand moment, qui m'a fait ouvrir les yeux sur la batterie et sur le personnage.

Je suis sorti de la salle avec les gestes rythmiques et les musiques que j'ai pu entendre ... gravés dans ma mémoire. Une chose est sure, c'était un vrai plaisir, d'autant plus que cette journée a été l'occasion d'une rencontre Tobienne (Cédric et son épouse, Tibo, Nala) fort sympathique. Je recommencerai sans aucun doute : merci à Thomas et à Cédric de m'avoir fait partager cette expérience !

Amicalement - Niko

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Chronique de Nala

Ce sont les débats sur le forum ainsi que les critiques lues sur le site de Thomas Patris qui m'ont décidé à aller voir le concert, pensant que c'était la meilleure façon de se faire une opinion de ce qu'il en était vraiment. Bien entendu, ceci n'est qu'une version purement subjective de ma part, puisque c'est avec mon ressenti et ma sensibilité que j'ai vécu ce spectacle, et ne sachant pas vraiment ce que j'y trouverais en y allant.

La première chose que l'on voit en arrivant dans la salle est bien sûr le kit utilisé par Thomas Patris. Je remarque immédiatement que l'engin n'est pas sonorisé et que l'on aura droit au son « brut » de la Capelle.

Je ne trouve pas la batterie en elle même particulièrement impressionnante de part ses dimensions, notament la grosse caisse qui doit être une petite 18'. J'allais cependant m'apercevoir plus tard que cette grosse caisse envoie quand même un son qui est bien puissant et qu'il est possible de la jouer d'une façon très nuancée tout en restant complètement audible, alors que nous batteurs (débutants?) craignons souvent le manque de puissance, malgré des dimensions de grosse caisse souvent supérieures.

Le plus impressionnant pour moi, a été la forêt de cymbales qui entoure la batterie : cymbales toutes placées en hauteur (au dessus de la tête), montées sur des pieds que je n'avais encore jamais vu. J'en ai dénombré 13 si mes souvenirs sont exacts, avec en plus un gong qui se trouve tout derrière.

L'homme est arrivé assez détendu semble t-il, nous a salué et est entré dans son kit d'une façon très précautionneuse, car tous les éléments sont placés au milimètre. Le concert commence avec le batteur dos à son public ce que j'ai trouvé somme toute inhabituel pour un show de batterie !

Le concert commence par un jeu sur cymbales qui me fait très rapidement penser au bruit des vagues de l'océan. Je m'aperçois également de la qualité de l'acoustique de cette salle car le son parvient jusqu'à moi comme s'il sortait d'enceintes. A ce moment, le batteur joue les cymbales avec des intensités croissantes et décroissantes, à tel point que par moment, ça faisait comme lorsque que l'on joue avec le bouton d'un ampli ou d'une chaine hi-fi avec lequel on s'amuserait à augmenter ou à baisser le volume du son d'une façon régulière, mais très rapide.

Bref, il m'a semblé que seule une technique de haut vol peut permettre ce genre d'effet sur des cymbales. Passé ce préambule, il s'est positionné sur la batterie et a commencé son concert ... Alors, il est très difficile de vous raconter le concert "  morceaux "  par " morceaux ", car vous l'avez compris, ce n'était pas un concert ordinaire, mais bien une pièce pour batterie, dans laquelle l'instrument est joué seul pendant une heure avec comme seuls accessoires, des jeux de lumières et différents types de baguettes.

Ce que je peux en dire c'est que effectivement, par moment, la batterie " chante ", que parfois cela m'a renvoyé des images, m'a fait voyager et changer de continent. Et là on comprend l'importance de l'accordage ... et j'imagine le boulôt que cela a dû être pour parvenir à ce type d'accordage...

Mais j'ai " décroché " souvent aussi ... Etant un peu perdue dans les rythmes et dans le " trop " d'informations qu'envoyait son auteur.

Quant à la performance technique, n'étant pas très connaisseuse, la seule chose que je puisse dire c'est que je n'avais encore pas vu des baguettes rebondissant de cette façon sur des peaux. Je vais de ce pas en commander une paire pour pouvoir en faire de même ! Et que je me demande encore comment on peut jouer pratiquement quatre rythmes différents, simultanément, et sur différents éléments de batterie, avec des intensités elles aussi différentes accomplies par un des membres (mains ou pieds), et varier ces intensités à tour de rôle. Je résumerais par : une indépendance de ouf !

Bref j'ai trouvé la technique assez effarante : une technique qui sert tout un panel de sonorités, de rythmes, de couleurs. Il me paraît clair que Thomas Patris forme un tout avec sa batterie, car pour ainsi dire, il joue le plus clair de son temps les yeux fermés. Et quand on sait qu'il finit son concert en jouant sur l'ensemble de ses cymbales (13 !!), tout en nuance et en douceur, à une allure phénoménale où les coups sont millimétrés, ça laisserait presque un goût amer tellement le chemin pour parvenir à cela me semble long !

Pour conclure, je dirais que c'est un spectacle difficile à résumer en quelques mots, mais assurément à voir, ne serait-ce que par curiosité, et puis pourquoi pas pour tester sa propre ouverture d'esprit. Perso, il m'a donné des idées pour mon jeu futur, je lui montrerais dans une cinquantaine d'années (le temps que j'atteigne le niveau nécessaire !)

Par contre, je dirais quand même que je déplore qu'une technique pareille et une sensibilité telle par rapport à l'instrument ne soient pas misent au service d'un style musical ou d'un groupe car je suppose que cela pourrait donner de grandes choses, et que, malgré la virtuosité du Monsieur, je trouve que la batterie pensée comme instrument mélodique trouve malgré tout, ses limites assez rapidement. Mais ce n'est qu'un simple avis personnel. Et qu'enfin, pour apprécier pleinement ce genre de performance, il me paraît indispensable de se sortir du formatage musical dans lequel les médias nous plongent de façon incessante, et de se laisser aller à ce que Thomas Patris nous propose : chose que je n'ai pas totalement réussi à faire.

Mais je crois qu'il a ouvert une fenêtre par laquelle il serait bon qu'on jette un oeil et une oreille, ne serait-ce que pour approfondir l'interprétation qu'il nous est possible de faire dans chacune des créations que nous, batteurs, accompagnons ou créons.

PS : A la fin du concert,Thomas Patris s'est montré disponible, en invitant les gens à venir le voir. La taille de la salle et l'organisation du concert ont fait qu'il nous a été possible (au public) d'approcher la batterie de très près. Ce que nous nous sommes empressés de faire. J'ai aussi eu lors de cette soirée, l'occasion de rencontrer Monsieur le webmaster et sa Dame en personne, ainsi que Niko (qui va nous offrir de super photos).Ce fût une belle rencontre bien sympahique bien qu'un peu courte.

Nala

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Chronique de Cédric (avec Plume)

Cela faisait bien longtemps que mon épouse et moi même n'avions pas mis les pieds dans la capitale pour y passer une journée complète ... Merci à Thomas de nous avoir offerts cette soirée, qui nous a permis de nous balader longuement dans les rues parisiennes, d'assister à son spectacle, et de faire de belles rencontres une fois de plus !

Avec Niko et mon épouse nous sommes donc arrivés une bonne heure avant le concert, et y avons été très chaleureusement accueillis par Hélène et Thomas. Nous avons par ailleurs pu discuter un moment avec Hélène pendant que Thomas s'échauffait avant le début du concert.

Nos impressions ...

Tout d'abord, parlons matos : la batterie de Thomas ne peut pas passer inaperçue ... Une toute petite grosse caisse de 18" ... malmenée par une pédale Axis ... une forêt de cymbales (Sabian et Wuhan), soutenues par de magnifiques pieds Sonor ! Thomas a été sous contrat avec Sonor pendant longtemps, avant de collaborer à la conception de cette batterie Capelle : de cette époque Sonor, il a conservé ces fameux pieds Protec : des pieds uniques, composés d'un alliage d'aluminium, extrêmement légers et robustes à la fois, qui coutaient une véritable fortune à l'époque ... ces pieds ne sont par ailleurs plus produits aujourd'hui.

Autre surprise, Thomas utilise des peaux Remo Pinstripe Ebony sur les toms ... ces peaux ont pour réputation de produire un son plutôt mat ... et bien que neni : ces toms joués par l'artiste, produisent un son riche, nuancé, avec des harmoniques magnifiques ... comme quoi la qualité des fûts et l'accordage ont une importance souvent sous estimés ! Il faut dire que les fûts ont été fabriqués à partir de différentes essences de bois de façon entièrement artisanale, une batterie d'exception !

Pour la grosse caisse, Thomas utilise la désormais célèbre peau Aquarian Superkick2, avec un patch de protection.

La caisse claire aussi en impose : la Capelle mesure 14 par 8 pouces !

Bref, du beau matériel, avec un son à la hauteur ! Heureusement que la Fenêtre est une salle de petite taille, dotée d'une belle acoustique, et que la batterie de Thomas n'est pas reprise, il me parait par ailleurs inconcevable de pouvoir profiter d'un tel concert si une sono vient gâcher le résultat ... Vraiment, quel plaisir d'entendre fûts et cymbales vibrer à l'unisson !

Le concert s'est déroulé à guichet fermé : un peu plus de 100 personnes ont fait le déplacement.

Comme vous l'ont déjà écrit Niko et Nala, son jeu de cymbales est troublant : non non, vous êtes bien à Paris, pas sur la plage en train de vous relaxer devant les vagues qui viennent mouiller le sable chaud !! De même pendant le concert, il m'est arrivé de me surprendre en train de fredonner les mélodies jouées sur les toms ... C'est vraiment étonnant de se retrouver ainsi face à une batterie chantante !

Par contre, j'avoue par moments avoir eu peur ... Imaginez : vous avez devant vous un homme (enfin je crois ... à moins qu'il ne vienne de la planête Mars), qui n'ouvre pas les yeux pendant une heure, qui reste droit sur son siège, qui utilise une gestuelle impressionnante, avec des bras qui paraissent extrêment longs, et qui délivre un solo à la fois musical et extrêmement physique ...

... C'est étonnant et dérangeant à la fois : l'impression d'être dans une autre dimension. Et que dire de la technique ... c'est inhumain : chaque membre de son corps semble être totalement indépendant : 4 rythmes superposés ... une variété de jeu bluffante.

Si vous allez voir Thomas en concert, laissez dehors tous vos clichés, tous vos préjugés habituels sur la batterie ... ce qu'il propose est vraiment différent, spécial, déroutant. Si vous ne prenez pas soin de faire ce travail sur vous même avant de pénêtrer dans la salle, vous serez déçus ... Il n'est pas ici question de groove, de patterns, de kiffer un rythme ... Cela ressemblerait plus à l'ambiance qui se dégage d'un concert de musique classique par exemple : les gens écoutent, écarquillent les yeux, et le tout dans un silence religieux. Si vous préférez un show à la John Blackwell, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer ferme ...

Bref, un concert très spécial, qui ne laisse pas indifférent, il suffit d'écouter le tonnerre d'applaudissements à la fin du spectacle pour se rendre compte que tout le monde a su apprécier ce moment ... Difficile de donner un avis objectif cependant ... mais comment juger et faire des comparaisons avec d'autres concerts avec un tel artiste ?... Bref ... à vous de juger !

Et un grand coucou à Tibo, Niko et Nala : j'espère que nous nous reverrons très bientôt !

Photos : Niko, Plume et Cédric ©Latoiledesbatteurs.com

 

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REPORTAGE : Thomas PATRIS