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Acoustique : un peu de théorie

Tout d’abord, ne nous voilons pas la face : il est hors de question d’entrer ici dans des considérations scientifiques. Les équations de Sabine, de Eyring ou de Fourier vont rester sagement enfermées dans les bouquins. Je vais me contenter de vous donner quelques pistes.

Selon le lieu dans lequel vous vous produisez ou vous enregistrez, les micros que vous utiliserez ne rendront pas le même résultat. Tout influe sur le son : les matériaux présents autour de vous (moquettes, carrelage, vitres,…), le volume de la pièce (confiné s’il ne représente que quelques m², infini en extérieur), le public présent dans la salle (une salle vide produira beaucoup de réverb, une salle pleine beaucoup moins).

L’un des problèmes majeurs pour les batteurs (et ils sont nombreux) est de pouvoir travailler sans déranger ses voisins : tout le monde n’habite pas une maison isolée à la campagne ou, à l’autre extrême, en ville, dans un coffre fort étanche.

Le son est le résultat produit par la propagation d’ondes vibratoires dans un fluide. Le plus souvent pour nous musiciens, ce fluide est l’air.

Pour influer sur le son, on a le choix entre agir sur la source sonore, le fluide ou bien sur l’environnement de la source. En règle générale, mieux vaut agir sur la source : c’est la solution la plus efficace (plus de batteur, plus besoin de sono !).

Les grandeurs acoustiques

L’oreille humaine (en bon état !) peut distinguer des sons qui vont de 20Hz, à 20000 Hz (on note 20 kHz, le k pour kilo, 1000, les aigues. La plage allant de 20 Hz à 20kHz s »appelle la bande passante. En dehors de cette bande passante : en dessous de 20Hz : les infra basses, au dessus de 20 kHz : les ultrasons.

C’est une unité logarthmique : le logarithme est un outil mathématique qui évite de rajouter plein de zéro pour quantifier le niveau sonore et d’avoir des nombres à rallonge pénibles à lire, et en plus, cela correspond à la manière dont l’oreille humaine réagit aux sons !

Voici comment ca marche :

Echelle des grandeurs

Les courbes isosoniques

Ce sont les courbes de Fletcher et Munson : ces graphiques représentent les courbes d'égale sensation sonore d'une oreille humaine normale en fonction de la fréquence :

Ces courbes sont très intéressantes quand on prend la peine de bien les lire. En effet, elles vous indiquent les seuils d’audibilité et de douleurs de l’oreille en fonction de la fréquence écoutée.

Par exemple, à très faible niveau sonore, le zéro dB, l’oreille va pouvoir entendre la fréquence 1kHz, mais n’entendra pas la basse à 100 Hz. Pour que l’oreille entende cette fréquence, il faut délivrer 35 dB de puissance !

C’est d’ailleurs sur ces courbes que se basent les fameux "mégabasse", "loudness" et compagnie qu’on trouve sur chaines hi-fi et baladeurs : il s’agit d’augmenter les basses et les aigues pour compenser les défauts de nos oreilles qui atténuent basses et aigues !

En clair : l'oreille entend mieux les medium, et moins les graves et aigues !

Propagation du son

Il faut distinguer 2 cas, qui jouent énormément sur la puissance sonore perçue :

- d’une part, la propagation d’un son en milieu infini (vous jouez de la batterie dans votre jardin, par exemple)

- d’autre part, la propagation d’un son dans un milieu fini (vous jouez en salle).

Dans tous les cas de figure, il est important de savoir que plus on s’éloigne de la source, plus ce sont les basses fréquences qui prédominent.

La réverbération

La source sonore envoie des rayonnements dans toutes les directions. Ces dernières se trouvent réfléchies par les parois ou les obstacles environnants. A titre d’exemple, les sièges des cinémas modernes sont étudiés de telle sorte que la quantité de réverbération soit quasiment la même que la salle soit pleine ou vide. Cela dans le but d’optimiser le confort d’écoute.

La réverbération est le phénomène le plus difficile à contrôler : la source sonore émet des ondes qui sont en partie réfléchies mais également absorbées par les parois.

A titre d’exemple, voici les coefficients d’absorption de différents types de matériaux :

Vous constaterez - et ce n’est pas étonnant - que la brique absorbe beaucoup moins (et réfléchi donc plus) les ondes sonores que la laine minérale.

La chambre anéchoïque (dite aussi chambre sourde)

Ce type de chambre bien spéciale est utilisée dans le domaine scientifique. Ses parois (recouvertes de cônes en matériaux absorbants) annulent quasiment tout effet de réverbération.

J’ai pu visiter une salle de ce type dans le cadre d’une formation que j’ai suivi à l’I.N.S.A. de Lyon (Villeurbanne). L’effet produit est assez déconcertant : toute réverbération y est annihilée et vous n’entendez qu’avec difficulté parler votre voisin.

Ce principe peut être très intéressant pour vous, batteurs, qui cherchez à vous isoler.

Note de FoxyFlying : « il est bon de préciser qu'il ne faut pas rechercher la reverb zéro: d'une part, elle est impossible à atteindre et ensuite, il en faut une certaine dose pour qu'un son de batterie prenne toute sa dimension (je parle ici de jeu en conditions d'enregistrement, bien entendu).

Il ne faut pas supprimer la réverb, mais il faut utiliser et jouer avec différents matériaux pour la doser, voir le studio drum de Philippe Ballot dans les chapitres qui suivent !

 

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LA SONO à L'USAGE DES BATTEURS

L'ACOUSTIQUE et l'ISOLATION