Portraits et interviews

Alix Ewande

ALIX EWANDE

LE CHARME DU HASARD

Interview

=== Partie découverte  » première fois  » ===

Nala : premiere fois que tu as vu le jour ?

Alix : Je suis née en 1973, j’ai donc 32 ans.

Nala : Premier instru que tu aies eu dans les mains ?

Alix : Un piano. Ah non,le premier intrument que j’ai eu dans les mains, c’était les congas de mon grand frère. J’avais à peu près trois, quatre ans.

Nala : Premier kit de batterie (à quel âge ?)

Alix : En fait, avant d’être batteuse, j’étais danseuse pro, et en stage dans une école, il y a des mecs qui ont amené une batterie pour m’éveiller au rythme : je me suis assise et j’ai joué direct tout simplement. Il y a de ça, dix, quinze ans.

Nala : Première scène pro ?

Alix : J’avais à peu près, trois ans et demi de batterie, et j’auditionnais pour un groupe de techno qui s’appelait Pills, et je me suis retrouvée une semaine après l’audition (c’était un truc de fou), à une convention Universal à Bordeaux avec tous les gros boss de la profession, dans une salle où il y avait environ mille personnes. Il y avait un groupe avant nous, et j’ai réalisé avant de monter sur scène ce que j’allais faire, et j’ai flippé comme une malade. Le coup de bol, c’est que les roadies se sont tellement foutus de ma gueule : ils s’étaient tous mis sur le coté de la scène et y’en a un qui a crié :  » vas y petite, fais nous rire ! « . Et ça a sauvé mon concert, parce que j’ai eu tellement la haine, que j’ai tout laché.

Nala : première fois que tu as dit : « j’veux faire ce métier « 

Alix : C’était en entendant un album de Billy Cobham, et je m’étais fait un double claquage à l’ischio, donc je ne pouvais plus danser : je n’avais plus de métier, plus de thunes, et j’ai eu une révélation en écoutant ce disque. Je me suis rappellée que ce que je voulais faire aussi, c’était de la batterie. Je m’y suis mise direct le lendemain comme une malade (rires).

Nala : Comment te présentes-tu aux gens la première fois : « Alix, batteuse ou Alix batteur « ?

Alix : Batteuse. En plus, comme j’ai un prénom masculin, si je dis  » Alix, batteur « , voilà quoi…

Nala : 1er gros kiff sur l’instrument ?

Alix : j’hésite entre à la cave ou sur scène avec Pills sur un gros festival avec Run DMC, où il y a eu une coupure d’électricité donc tous les instruments et machines ne fonctionnaient plus, et je me suis retrouvé toute seule. J’ai foutu un bordel pas possible !!

Nala : Raconte la 1ère rencontre avec tes musiciens (photo n°68)

Alix : Pierrot, c’est le bassiste. C’est mon âme-soeur rythmique Pierrot. Je cherchais un bassiste pour un plan en studio, et c’est un de mes meilleurs amis batteurs (Yvo Abadi) qui joue avec Amadou et Mariam en ce moment. Avec lui, on travaillait la batterie tous les matins au Luxor, il m’a dit : « y’a un bassiste qui te conviendrait vraiment bien, c’est Pierrot « . Donc je l’ai rencontré à un rendez-vous qui devait durer un quart d’heure, et qui au final a duré 3 heures à boire des coups. Le lendemain on a joué, et à la première note, on était juste dingues l’un de l’autre. C’était l’entente parfaite.

Après, il y a eu Mathieu, je l’ai rencontré quand je travaillais pour Vanessa Paradis, et lui remplaçait un clavier sur une télé aux NRJ music Award. Donc c’est à Cannes qu’on s’est rencontré. Lui avait monté un trio jazz où là j’étais chanteuse. En fait c’est venu bien après qu’il s’intègre sur mon projet, car j’ai commencé à travailler sur mon projet (compos et écriture) que deux ans après, et j’ai monté une première équipe où il n’y avait que Mathieu et Pierrot.

Et Céline, on s’est rencontrées sur la tournée Emilie Simon. On s’est rencontré à l’audition : je venais auditionner pour la batterie, elle pour les cordes. On a été prises toutes les deux, on a fait une pure tournée, on a bien rigolé. C’est pendant la tournée que je lui ai fait écouter les premières maquettes. Elle a flashé et m’a demander de venir jouer. A la base je n’avais pas prévu d’utiliser un violoncelle (ça ne m’était pas venu à l’idée), et puis elle s’est tellement bien intégrée au truc en studio que ben voilà quoi ! C’était il y a deux ans.

=== Partie  » expérience  » (musicale et perso) ===

Nala : Quelle est ta formation musicale ?(Akanga drum school)

Alix : Alors, à la base, je suis complètement autodidacte à la batterie. C’est à dire que comme j’ai fait 7 ans de piano quand j’étais enfant, je lisais pas mal la musique,donc j’ai juste pris des bouquins, et j’ai bossé toute seule. Au bout de 7 ans, j’étais ici au Studio Bleu, dans un studio, je bossais, un Africain (NDLR : il s’agit de Christian Bourdon, professeur de l’Akanga Music School) est rentré dans le studio et il m’a dit : « tu joues mal de la grosse caisse « . Je lui ai dit : « ben vas y,fais voir « . Il a joué et j’ai pleu-ré ! Après ça, il m’a dit de venir dans son école, ce qui m’a paru complètement surréaliste parce que son école est à Vesoul. Franchement, ça me branchait pas plus que ça. Il m’a tendu sa méthode et j’ai vu que le bouquin était dédicacé par Roy Haynes, un de mes batteurs préférés et par Jack Dejohnette.

Après ça, je me suis dit, c’est un truc de fou : ce mec m’a choisi, il maitrise toutes les techniques polyrythmiques, et les rythmes camerounais, ce que j’avais vachement envie de faire (puisque je suis à moitié camerounaise), alors je suis partie un an dans son école, pour y travailler 10 heures par jour.

C’était un truc super mystique, limite spirituel. Ca a été très très dur physiquement, mais après ça, j’avais tous les outils pour m’exprimer.

Nala : Quelles sont les grandes lignes de ta carrière ?

Alix : Terry Callier a été le premier job que je voulais. C’est à dire que j’avais eu son album deux ans avant, je l’écoutais en boucle et quand il m’a apellée j’ai halluciné. Je me suis donc retrouvé en tournée avec lui et son groupe de musicien anglais. J’étais la seule française du groupe avec une moyenne d’âge de 50-60 ans. Et les mecs m’ont ignoré pendant toute la tournée… Ca a été très dur. Je réalisais que j’avais enfin un truc que j’avais vraiment envie de faire, mais que j’étais malheureuse comme les pierres.

Nala : Mais c’est les autres musiciens qui te rejettaient, puisque lui ben il a choisi de te prendre?

Alix : Ouai mais en fait je pense que c’est devenu un peu difficile parce qu’il n’a pas super bien vécu d’avoir une batteuse en fait. Ben parce que t’attires l’attention en fait quand tu es une fille.

Nala : mais je ne comprends pas puisque c’est lui qui t’a embauchée !Il a bien vu au départ que tu étais une fille! Il a bien choisi non ?!!

Alix : Il a choisi. Au début, il trouvait ça marrant, mais quand à la fin des concerts, il a vu qu’on demandait des autographes à lui et à moi, il a trouvé ça nettement moins marrant.

Et un soir que je lui avait fait écouter mes maquettes, il m’a dit : « mais qu’est ce que tu fais dans ce groupe?! Fais ton album !  » Et ça a été un moment très important pour moi, car j’étais limite d’arréter la batterie. C’est à ce moment là que j’ai pris la décision de me consacrer à mon projet parce que j’avais bossé pour pas mal de gens, que j’avais des idées et que ce moment m’a permis aussi d’assumer mon style de jeu qui est assez spécial.

Nala : Tu joues uniquement de la batterie ?

Alix : Ben je me remets tranquillement au piano. Mais bon j’ai fait que du piano classique alors…

Nala : c’est pas exploitable le piano classique pour ce que tu joues ?

Alix : Si techniquement, c’est exploitable, mais bon y’a du boulot quoi !

Nala : Tu peux nous parler de l’enregistrement de la B.O. de la marche de l’empereur ?

Alix : Alors, c’était après la tournée d’été 2004 avec Emilie Simon. On m’a appellé car on savait que j’allais faire des trucs tous plus bizarroïdes les uns que les autres, avec des jeux sur des fûts de bières par exemple, parce qu’elle voulait des sons métalliques.

Donc en fait pour ce boulot, je suis venue avec un maximum de matos aussi bien batterie que percus, et j’ai visionné certaines scènes. Elle m’a un peu expliqué, le pourquoi du comment de l’histoire. A l’époque, je pensais que ça serait juste un documentaire, je ne pensais pas que ça deviendrait ça quoi ! On va dire que j’ai créé des ambiances rythmiques. Parfois j’ai joué des morceaux entièrement en live, et parfois que des boucles qu’elle a combiné entres elles.

Nala : Quel est l’artiste que tu as accompagné qui t’as le plus marqué ?

Alix : Ben Terry Callier, Pills et aussi une chanteuse africaine qui s’appelle Fania, et ça a été des grands moments parce que je sortais de l’école et je pouvais enfin utiliser tous les trucs afro que j’avais bossés. Et pi Fania, elle est super cool.

Nala : Quel(s) conseil(s) donnerais tu à une jeune fille qui veut faire ce métier ?

Alix : travailler l’instrument le plus possible, et ne rien miser sur le côté « je suis une fille donc il y aura toujours un mec pour m’aider », ou « je suis jolie je souris ça va le faire », deux mots d’ordre : travail et intégrité.

Nala : Est ce que tu considères qu’être une meuf dans ce milieu majoritairement masculin donne plus d’avantages que d’inconvénients ou le contraire?

Alix : les gens t’appellent pour bosser  plus pour ton physique que pour ton jeu, j’ai eu pas mal de jobs dans ce genre, où tu percutes après quelques répèts que ton jeu n’interesse personne ; tu es sytématiquement confrontée au machisme, en gros quand tu viens pour une audition les mecs autour attendent le pain, plus les commentaires bien lourdingues du genre t’es hyper sensuelle tu joues les jambes écartées…  Alors il y a peut être un avantage parce que tu sors du lot par apport aux autres batteurs mais en général on va préférer employer quelqu’un de plus transparent …

Quelques phrases mythiques que j’ai entendues en bossant ( enregistrement en studio) : « euh.. on va la refaire, ça sonne comment si tu enlèves ton pull ? »

(tournage de clip) :  » vas y chérie fais moi b**der!! « 

Nala : comment te définirais tu ?

Alix : ma spécialité consiste à utiliser, réarranger des rythmes camerounais, les détourner de leurs usages traditionnels et leur donner un son et une pulse « soul »…

=== Partie   » les goûts et les couleurs  » ===

Nala : Quelles sont tes influences musicales/tes références?

Alix : Ben il y a tout ce que j’ai écouté étant enfant : mon père était dans le jazz bebop à donf et mon grand frère, dans le jazz électrique, donc d’un coté du Miles période Bebop et de l’autre Chick Coréa, Herbie Hancock.

Puis quand je suis devenue  » autonome  » musicalement, mon premier mouvement de  » révolte  » vis à vis de mon père et de mon frère, ça a été Prince. J’ai eu une grande période Prince, et je me rappelle quand j’ai vu un concert, il y avait Sheila E et je me suis dit que quand tu es une nana, tu peux jouer de la batterie en fait ! A l’époque, c’était carrément nouveau.

Après, il y a tout ce qui est soul en tous genres, ma chanteuse préférée étant Minnie Ripperton, Stevie Wonder évidement … Et puis les  » gros  » batteurs que j’adore : Billy Cobham, Roy Haines parce que pour moi, c’est le plus gros jazz-man de la terre, le mec qui m’a appris Christian Bourdon, enfin voilà quoi!

Nala : Quels sont les instrus que tu aimes en dehors de la batterie et que tu aurais aimé pratiquer et pourquoi ?

Alix : La contrebasse et le piano.

Nala : Si tu étais un élément de la batterie, tu serais quoi ?

Alix : La caisse-claire.

Nala : Si tu étais un tempo ?

Alix : Entre 80 et 92, ce sont des tempi où je suis bien.

Nala : L’artiste référent pour toi (the pointure) ?

Alix : Alors là, on tape dans le très très large, parce que il y a beaucoup de choses que j’aime.

Nala : Quel est le truc qui te fais bouger la tête (un rythme, un instru, une chanson)

Alix : Le Bikutsi

Nala : Le????

Alix : Le Bikutsi, c’est une rythmique traditionnelle camerounaise, basée sur la polyrythmie. La première fois que je l’ai entendue, c’était mon pote Denis Tchangou (qui joue avec Mory Kante) avec qui je partageais un local, et je l’ai entendu jouer ce truc là. Je ne savais pas ce que c’était et j’étais comme une folle. Il fallait que je comprenne et je lui ai demandé de m’expliquer. C’est grâce à cette rythmique aussi que je me suis retrouvée à Vesoul pour pouvoir la comprendre et la jouer, parce que Christian m’en a parlé. Et j’adore jouer ce rythme et c’est vrai que j’ai un peu de mal à comprendre qu’on soit aussi peu à kiffer ce truc là.

Nala : Quel style de musique t’accroche le moins ?

Alix : La chanson française-musette. Les trucs avec accordéon en général, je peux pas…

Nala : Qu’est ce que tu détestes par dessus tout ?

Alix : L’ail !! Ca me rend malade ! (rires). Et au niveau des valeurs, tout ce qui cautionne la discrimination.

Nala : Des activités autre que la musique ?

Alix : Non. Enfin je fais un peu de sport parce que bon, vu la taille de mes bras, si je soulève pas un peu des poids, au niveau de la vitesse, y’a des trucs qui ne passent pas ! Il y a des muscles qui ne se développent pas naturellement si tu le bosses pas. Ca tu vois (elle me montre un muscle de l’avant-bras dont l’insertion semble se trouver au niveau du coude), on l’a pas naturellement. Et c’est le muscle qui te permet de relever tes baguettes.

=== Partie  » matos  » ===

Nala : Quand je t’ai vu la première fois, tu jouais sur  » Premier « ,alors ?…

Alix : Ben depuis j’ai signé chez Yamaha. Donc c’est cool, je suis la première meuf en France chez Yamaha. En Europe, on est que 2, sachant que l’autre c’est Caroline Corrs des  » Corrs « . Ca me donne la possibilité d’avoir le matos que je voulais pour travailler à savoir un petit set. Je préfère les petites batteries. Je trouve que ça sonne mieux. Enfin, c’est même pas ça, mais c’est que les fûts profonds, c’est moins facile à accorder je trouve. Ca demande une gestion du son qui n’est pas super pratique, et comme c’est pas plus mon truc que ça l’accordage, je préfère un truc qui sonne tout de suite et que j’ai pas à tripoter pendant trois plombes.

Nala : Description de ton kit ?

Alix : Donc j’ai choisi une absolute custom birch, en bouleau donc (10,12,14,GC 20), et la caisse claire 13×5,5.

Nala : Les cymbales, c’est toujours Paiste ?

Alix : Ca fait 7 ans que c’est Paiste. J’ai des cymbales signatures, ce qui correspond à des cymbales de haut de gamme, mais qui ne sont pas signées par un batteur reconnu en fait. Car Paiste est contre ce principe. J’adore leur son.

J’ai une  » dark ride « , une  » full crash « , et une chinoise dont j’ai la chance d’avoir une cymbale qui fait partie d’une série limitée qu’ils n’ont fait qu’une seule année, et qu’ils n’ont jamais refait depuis qui s’appelle la série  » vision « . J’utilise particulièrement la  » novo china « , elle a un son monstrueux ! C’est une cymbale noire de 20 pouces. Elle est mortelle, j’adore.

=== Partie  » boulot  » ===

Nala : Tu chantes en lead et tu joues de la batterie en même temps, comment en es tu arrivé là ?

Alix : Ben en fait, il y a deux ans et quelques, j’avais déjà écrit des morceaux. Donc je me suis lancée dans mon projet : je suis allée en studio, j’y ai joué toutes mes parties batteries etc. Et, au mois de janvier, quand s’est posé la question de savoir, comment on irait les jouer en concert, j’étais convaincue que je pourrais avoir un deuxième batteur. Comme ça, on ferait des trucs à deux batteries et je pourrais faire la chanteuse devant tranquille! Et là, on m’a fait comprendre qu’au niveau budget, si je voulais avoir une chance de commencer à tourner, il fallait une formule minimum.

Nala : C’est qui  » on « ?

Alix : Ben mes partenaires on va dire. C’est à dire la personne qui co-produit mon album, à savoir le patron du  » Studio Bleu « . Et puis, quand je me suis renseignée au près des tourneurs, on m’a dit : « houlala 2 batteries, c’est galère! Il faut les transporter, les sonoriser « . Ca devenait tout un problème. Donc, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il fallait que je réussisse à faire batterie/chant.

Je me suis enfermée pendant un mois en studio et j’ai travaillé tous les morceaux. Et après, j’ai fait venir Pierrot en qui j’ai une confiance absolue, et je lui ai demandé de me dire honnètement si ça me faisait mal chanter et mal jouer. Et il m’a dit, non c’est mortel. Alors, j’ai décidé d’assumer et de me lancer, en me disant que ça aurait peut-être l’avantage d’attirer l’attention assez facilement à cause du coté  » trapèze volant  » du truc quoi.

Autant au début c’était hard, autant maintenant, j’arrive à composer direct batterie/chant.

Nala : Quelle est ta façon de bosser: partie batterie d’un coté et partie chant de l’autre?

Alix : Oui, je bosse l’un et l’autre séparément. Puis j’installe les deux au click super lentement, et je regarde les endroits qui coincident rythmiquement entre la voix et la batterie. Après ça, je regarde les endroits où je dois respirer parce que c’est super important : au début je le faisais en apnée et je ne comprenais pas pourquoi à la fin d’un morceau ma voix ne sortait plus !

Nala : Et quelles sont les principales difficultés rencontrées de chanter en jouant de la batterie ?

Alix : Ben c’est des trucs à la con : c’est qu’il faut avoir une bonne écoute de soi, vu que tu chantes au dessus d’une caisse claire, un truc qui fait beaucoup de bruit, il faut que tu aies de bons retours pour bien entendre ta voix, sinon tu chantes faux. Et puis sur un plan moins technique, c’est qu’il faut penser à respirer et puis aussi rester concentrée et ne pas trop  » partir  » dans des délires, pas trop s’envoler parce que parfois ça marche, mais parfois ça marche pas.

Nala : Batteur, c’est déjà pas mal de responsabilités dans un groupe, alors chanter en même temps… Comment on fait pour rester serein en concert?

Alix : Rolâlâlâlâl!! (rires) Le premier concert, j’étais au bord de la crise de nerfs, mais ça s’est bien passé. Mais il faut dire que l’équipe de musiciens avec laquelle je bosse est tellement mortelle que ça aide beaucoup : je peux me reposer rythmiquement sur Pierrot, car il prend souvent la responsabilité du tempo par exemple, parce que quand tu chantes, tu ne peux pas être vigilant sur tout, alors il prend le relais. Et Mathieu a cette capacité de m’envoyer les bons accords au (bon) moment où je cherche la note que je dois chanter quand j’ai un trou.

Bref, ça demande une concentration  » Jedi staïle « !

Nala : Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Alix : Pour cet album qui s’appelle  » Détox « , c’est à dire désintoxication. Le concept, c’est que j’ai mis dedans les quinze dernières années de ma vie, et tous les trucs dont je voulais me débarrasser. Mais c’est pas une plainte, c’est plutôt cynique. Ca repésente plutôt un cap, un passage de tout ce que j’ai pu trainer et qui est pas forcément cool. Chaque chanson aborde un thème qui m’est particulier qui m’est cher (la folie, la peur du rejet etc)..

Nala : Comment procèdes tu pour composer ?

Alix : En fait je ne compose pas : j’entends des trucs. C’est à dire que par exemple, je suis en train de m’endormir et je vais entendre une mélodie ou une rythmique, que je note. Ce sont des trucs que j’entends dans ma tête…

Nala : Comment se passe le travail avec les musiciens ? Ont ils un rôle précis ? Un droit de regard sur ce que tu crées ?

Alix : J’arrive avec des idées, je les propose, et je veux faire un album et un projet où tout le monde s’exprime. C’est mon système de valeurs à mettre en marche dans le monde de la musique, c’est mon coté utopiste, donc il n’y a pas de censure. Mais, comme ça ne peut pas être complètement anarchique non plus, s’il y a d’autres idées, je ne dis jamais  » non on fait pas ça  » ou  » non, on essaye pas ça « . On essaye toujours et je finis par trancher si besoin est.

Nala : Tes exigences vis à vis d’eux ?

Alix : La sincérité. Pas faire si ça les saôule. S’il y a un mécontentement, il faut l’exprimer.

Nala : Parle nous du duo basse/batterie.

Alix : Ce que j’aime chez un bassiste, c’est le coté personnalité musicale. Après, il y a des gens qui préfèrent bosser avec des gens qui ont une personnalité musicale plus transparente. Mais je préfère les gens qui ont des trucs à dire. Et surtout chez un bassiste, l’important est qu’il soit quelqu’un qui n’a pas la notion du rapport de force. C’est quelqu’un qui ne voit pas le couple basse/batterie comme un soumis et un dominant.

Nala : Pourquoi ? ça arrive ?

Alix : Ca arrive fréquement. C’est à dire qu’il y en a un des deux qui veut driver, diriger la section rythmique. Alors que pour moi l’idéal c’est une volonté commune de jouer ensemble, d’être complémentaires.

Nala : Pourquoi un violoncelle ?

Alix : J’avais une envie de section de cordes pour mon projet, mais pas des violons, ni des altos. Je préférais le violoncelle parce que le son est grave et dramatique. Il y a un truc super émotionnel dans le violoncelle. Et comme Céline met des effets en plus et qu’elle est complètement dingue, c’est cool ! (rires)

Nala : L’album, c’est pour quand ?

Alix : Ben pour le moment, je suis en mix.

Nala : L’essentiel pour le groupe que vous formez,c’est quoi ?

Alix : Le plaisir : j’ai besoin de voir qu’ils s’éclatent. S’ils s’éclatent pas, j’ai les boules et je me sens pas bien.

Nala : Tes projets ?

Alix : Il y a l’album en préparation et normalement je représente Yamaha au salon de la musique au mois de septembre 2006. J’aimerais aussi me faire programmer à la Bagshow, mais pour l’instant sans succès…

Nala : Si tu devais aller boire un verre avec quelqu’un ça serait qui(qu’il soit de ce monde ou pas) ?

Alix : Miles Davis

Nala : Merci m’dame!

=== PRESENTATION DES MUSICIENS ===

DERSY Matthieu

Né le 08 juillet 1974 pratique le piano et les claviers depuis 18 ans. Remplace Alix derrière la batterie lors d’une chanson ! + backing vocaux.

Il a dit : « Alix, je t’admire. Continues comme ça ! « 

DUBOST Pierre

né le 07 septembre 1973. Bassiste depuis 15 ans. Pratique également la guitare et le clavier)+ backing vocaux.

Il a dit:  » Moi je suis content qu’après toutes ces années,on ait fini par jouer en concert « 

MONDESIR Céline

Née le 14 avril 1974. Pratique le violoncelle depuis 26 ans. Joue également du piano + backing vocaux.

Elle a dit:  » Alix me permet d’aller chercher des choses vraiment au fond de moi et de les exprimer. Une de ses grandes qualités est de laisser de la place aux gens et aux idées »

=== Epilogue ===

Merci à tous pour l’accueil, car je sais qu’il n’est pas si évident que ça de répéter avec des inconnu(e)s dans les studios !

 

Dossier réalisé par Nala – juillet 2006

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