Portraits et interviews

Franck Marco

PRENOM : Franck – NOM : Marco

DATE / LIEU DE NAISANCE : 18 /05/1969 à Maubeuge (59)

METIER : musicien

QUALITE(S) : bonne question…

DEFAUT(S) : impatient, fainéant, curieux.

AIME : l’honnêteté, les choses dites et faites avec sincérité, la franchise, la tarte au citron, le chocolat, Zao Wou-Ki, Jackson Pollock

AIME PAS : les tripes à la mode de Caen, les frites surgelées, la house music, les tongues.

DEVISE : Faisons les choses sérieusement sans se prendre au sérieux !

ALBUM DE CHEVET : James Taylor ‘ HOURGLASS’

C’est au hasard de mes pérégrinations sur le net que j’ai un jour atterri sur le site d’un certain Franck Marco (www.Franckmarco.com), batteur de son état.

J’ai été intriguée par l’originalité de ce personnage aux multiples facettes et je me suis dit qu’il serait intéressant de découvrir ce musicien pour la Toile des Batteurs.

La rencontre a pu se concrétiser le 20 mars 2006, lors de la Soirée PULSA’SONS à Domène. Cette Super soirée dédiée aux rythmes, était co- organisée par le Grenoble Jazz Festival, la municipalité de Domène et Eric Thiévon pour ses 25 ans de carrière.

Se sont produits : Maria Margarita Ponce Fernandez et Nasser Saïdani (percussions) ainsi que Jean Pierre Dalmassy, Eric Thiévon et Franck Marco ( batterie) .

Curieux personnage que Franck Marco, batteur autodidacte depuis l’âge de 6 ans, il arrête ses études à 17 pour se consacrer à la batterie. Aujourd’hui son actualité est en effervescence mais je ne vais pas en dire trop, je préfère le laisser vous parler de lui au travers des questions de la TOB auxquelles il a répondu en toute simplicité et sincérité.

deflep  : Tout d’abord merci de répondre à nos questions et pour ton inscription sur les forums de la Toile des Batteurs ! ( fkm c’est lui !!)

fkm  : Je viendrai faire un tour de temps en temps, alors faîtes gaffe de ne pas dire des bêtises !!! (Rires …).

FRANCK MARCO, QUI ES – TU ?

deflep : Comment te définirais-tu ? Quelles sont les caractéristiques de ton style ?

fkm  : En fait, on me dit touche à tout. Par rapport à la batterie, j’aime bien jouer Jazz standard ou musique improvisée comme sur mon album, ça peut être rock’n’roll ou très soft aux balais. Mais touche à tout aussi, car je compose avec mon ordinateur des morceaux électro, je bidouille des sons, j’adore chercher des univers, je suis très fan de Peter Gabriel, donc je plonge dans des textures sonores.

Sinon je compose des chansons pour d’autres artistes, des musiques pour des compagnies de danse ou spectacles vivants. Je suis curieux de nature donc dès qu’il y a un truc qui me plait je vais voir … Voilà, maintenant qui est Franck Marco….. Je ne sais pas, faudrait demander à un psy !!! (Rires…)

deflep  : Quelles sont tes diverses activités ?

fkm  : J’accompagne divers artistes d’univers différents, je suis ‘sideman’ comme on dit. Je travaille beaucoup entre Paris, Bruxelles et Lille. Sur plusieurs projets je suis ‘titulaire’ :

  • Je joue avec un groupe, ZECT (Ze Enterprise Corporation Terre), c’est une musique autour du gamelan (ensemble instrumental composé principalement de percussions : gongs, métallophones, xylophones, tambours…) avec Thierry Caron, Hugues Rousé et François Thuillier. Nous préparons un deuxième album qui est à mon sens un nouveau ZECT.
  • Je joue dans la Compagnie Bunel à Lille. On a monté ‘ Ballade en Aragon’, c’est une mise en musique de quelques textes de Louis Aragon, ainsi qu’un spectacle pour enfants « Partir ! »
  • Avec Charline Rose, dont le deuxième album devrait sortir bientôt.
  • J’ai monté mon école de batterie sur Lille où j’enseigne le mercredi essentiellement quand je suis disponible. Sinon c’est un de mes élèves qui me remplace, René Dewulf, il connaît bien ma pédagogie et a de très bonnes qualités humaines.
  • Je joue aussi dans diverses groupes : ZFBB (avec Eric Plantain et Mohamed Derouich), Franck Marco Trio, Amistad, un groupe belge international dont le deuxième album « Fuego » va sortir en France. On le trouve en Belgique pour l’instant.

deflep  : Quelle est l’activité que tu préfères ?

fkm  : Celle que je préfère c’est faire de la musique, la batterie, pour faire court. Tu vois je peux aussi répondre de manière très courte !!! (Dit fkm fièrement) (Rires….)

deflep : mais encore ???

fkm  : Ah ! Tu veux que je développe ???? Alors, le problème c’est que je fais plein de choses et il me faut aussi gérer mes projets personnels. Ce qui n’est pas une mince affaire. En fait, j’aimerais vraiment avoir plus de temps pour étudier vraiment le piano et composer plus.

TA CARRIERE

deflep  : Comment as-tu commencé la batterie et pourquoi cet instrument ?

fkm  : En fait, très sincèrement j’en sais rien … Quand j’étais petit mon oncle était guitariste et ma marraine me faisait écouter les Stones. Ils étaient connectés à la musique tout le temps, donc moi je baignais dedans. Un soir, j’ai vu l’émission Chorus à la télé, il y avait les Stones et Charlie Watts. Le lendemain, j’ai pris les casseroles et les cuillères en bois et j’ai commencé à taper.

Après, tous les soirs quand je rentrais de l’école, je m’enfermais dans ma chambre et j’écoutais des disques que je piquais à mes parents, les trucs de l’époque, Dick Rivers, Elvis Presley, Johnny et je jouais dessus, je tapais partout !

Un jour, à Noël j’ai eu une batterie pour enfant tu sais, et lors d’une fête de famille mon père a broyé la peau de la grosse caisse en faisant le pitre ! Je me suis enfermé pendant 2 jours dans le garage ne voulant voir personne tellement j’en étais malade !

C’est de là que mes parents se sont décidés à m’acheter une vraie batterie. J’ai alors commencé les bals musettes, on jouait pour les papis et les mamies ! Je suis autodidacte, je n’ai pris des cours que vers 17 ans quand j’ai décidé de devenir professionnel.

deflep  :‘ Le plus jeune batteur de France’, peux-tu nous en parler ?

fkm  : Je jouais dans l’orchestre Goldstar, j’avais une dizaine d’années, et on faisait des concours d’orchestres organisés par FR3 à l’époque (France 3 maintenant). Il y avait un jury de professionnels. Et j’ai été élu plus jeune batteur français et j’ai eu une coupe et un diplôme ! Ma mère l’a ressorti il y a pas longtemps d’ailleurs  en me disant ‘tiens il y a un diplôme là !’ Je crois que je vais le mettre sur mon site pour faire rire tout le monde !!!

deflep  : Quels sont les tournants dans ta carrière ?

fkm  : Le virage, c’est quand j’ai arrêté mes études à 17 ans, car j’étais de plus en plus demandé par les professionnels pour jouer. Je me suis alors concentré sur la batterie, j’ai joué 8 à 12 heures par jour pendant 3 ans.

J’ai écouté plein de musiques, je me suis ouvert la tronche. Car quand t’es pas dans un groupe tu dois savoir jouer tous les styles. Il ne faut pas être hermétique, il faut être curieux, pour moi c’est le mot clé ‘curiosité’, il y a des trucs à apprendre de tout.

Sinon, je n’ai pas eu vraiment de tournants, je parlerais plutôt de crescendo… Si peut-être quand j’ai arrêté avec le groupe Mercy, il y a trois ans. J’étais batteur du groupe depuis 8 ans, je faisais aussi office de manager, road, un peu tout… (D’ailleurs, j’ai appris plein de choses en dehors du métier de musicien comme sur le management et tout ça !)

Bref, après avoir arrêté, je suis reparti dans le nord de la France, à Lille et j’ai mis un an à retrouver du taf ! Ca a été un virage difficile à négocier, quand t’arrêtes un truc, qu’il y rien et que personne t’appelle pendant un an …

Mais comme je ne me laisse pas démoraliser facilement car je suis tenace et fiable, et que j’avais quand même une petite réputation de mec qui joue bien (et ça aide !) aujourd’hui je suis à fond !!

deflep : Quelles sont tes rencontres marquantes ?

fkm   : Ma rencontre avec Larry Schneider, le saxophoniste qui joue sur mon album. Je l’ai rencontré par le biais d’Alain Soler lors d’un masterclass et on a joué ensemble, c’était magique ! C’est le genre de mec quand tu joues avec lui t’as l’impression que tu es le meilleur batteur du monde ! C’est tellement fluide et humainement c’est génial !

Sinon, la dernière belle rencontre qui a eu lieu , c’était avec Sugar Blue, un harmoniciste célèbre qui a joué avec les Rolling Stones ( Miss you). C’est un grand bluesman, un chanteur, et moi je me retrouve à jouer avec ce mec là ! Pour moi c’était génial. D’ailleurs, le live qu’on a fait doit sortir en album, c’est aussi avec Felton Crews, le bassiste qui a joué avec Miles Davis, Bruce Springsteen.

Ce sont des chouettes rencontres car ces gens là ne se prennent pas la tête. Faut être cool quand on fait de la musique, on fait pas de la politique ! Moi je joue que de la batterie, pourquoi je jouerais la star ? Je veux continuer à aller faire mes courses dans les magasins. (fkm se met à rire …..)

FKM ET LA MUSIQUE

deflep  : Quelles sont tes influences musicales ?

fkm  : Ah ! Bonne question ! J’en ai plusieurs car j’aime beaucoup de choses. J’adore les Stones, je suis fan depuis enfant, Led Zeppelin, forcément, Bonham, c’est monstrueux ! Tom Waits.

J’aime Bowie, pour les coups de pieds aux fesses qu’il peut mettre chaque fois qu’il sort un album.

Après, celà dépend aussi des mes périodes d’apprentissage. Par exemple, vers 17/18 ans, j’étais branché Los Angeles : Tom Scott, Vinnie Colaiuta, Chick Coréa Electric Band avec Dave Weckl….. J’étais très jazz fusion, ça c’était bien pour mon apprentissage mais après il faut s’ouvrir à d’autres musiques et surtout se poser les vraies questions, Pourquoi fais je de la musique ? Qu’est ce que j’ai a dire ? Etc. Ensuite ce sont les rencontres qui te font grandir et découvrir d’autres horizons.

deflep  : Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

fkm  : Il n’y a pas longtemps en regardant une rediffusion de Taratata, j’ai craqué pour Corinne Bailey Rae et le lendemain j’ai acheté le disque. C’est très sympa. C’est ce que j’écoute en ce moment. Je me fais toute la période Motown également, c’est top.

En fait, j’écoute de tout sauf de la house music, et encore ça dépend, et j’écoute pas trop la radio car c’est un peu trop formaté en fait, je veux dire par là, qu’il n’y a pas trop de surprises ! Mais j’aime bien tout si c’est bien fait et s’il y a du cœur.

Quand je craque pour quelque chose, j’écoute l’album trois fois par jour pendant deux, trois mois ! Mon entourage peut craquer quelques fois… (Rires)

deflep : Joues-tu d’un autre instrument que la batterie ?

fkm  : Je joue un peu de piano, juste suffisamment pour composer, de la basse pour accompagner les élèves, pour la relation Basse/Batterie et je gratte un peu, j’adore jouer du « Slide ».

deflep  : Quels sont tes batteurs préférés ? 

fkm  : Charlie Watts , batteur des Stones, pas pour sa technique mais pour la manière dont il joue le tempo, la musique. Il tient le groupe carré, il sait gérer le tempo. J’adore aussi Jim Kelner (Eric Clapton), Jeff Porcaro, Vinnie Colaiuta (Sting), Peter Erskine, Joey Barone dans l’esprit jazz. Il y a aussi John VIDACOVITCH qui enseigne au conservatoire à la Nouvelle Orléans car j’aime ce côté fête, danse, fun.

En France, j’aime beaucoup André Cécarelli, Franck Aghulon et Christophe Deschamps pour son côté simple et efficace.

deflep  : Tu n’as pas cité de batteuse ?

fkm  : Oui, très juste. En fille, j’adore Cindy Blackman. J’ai d’ailleurs eu la chance de la rencontrer et de lui prêter ma batterie ! Quand je l’ai vu jouer, j’ai pris la claque de ma vie, c’est genre Tony Williams mais au féminin. Elle a une finesse et une musicalité incroyables. Pour l’anecdote, le jour où je l’ai rencontrée, elle finit sa balance et emmène sa cymbale ride pour aller déjeuner ! Alors je lui dis ‘non tu sais ça craint rien tu peux la laisser là !’ et là elle retourne sa cymbale et c’était marqué : ‘  pour Cindy, signé Tony Williams’. Voilà pourquoi elle ne s’en sépare jamais !

L’HORIZON FRANCK MARCO

deflep : Quelle est ton actualité ?

fkm  : Je sors mon album ‘Monkey Dreams’. A la base c’était ‘Rêves de singe’, mais je souhaitais le rendre plus accessible à l’international, car j’ai des ouvertures sur les Etats –Unis, donc voilà pourquoi le titre en anglais. Ce n’est en aucun cas pour snober la France. C’est un instrumental. Le singe c’est moi (rires..) et les rêves ce sont les miens, par rapport à mes tableaux et la musique que j’allie dans ce premier opus.

Comme je touche à plusieurs univers, je voulais un album cohérent avec ma personnalité, chose pas facile. Pouvant passer d‘un climat très soft à un bon coup de guitare Criarde. J’ai écrit l’album, j’avais des chansons de côté, puis Alain Soler et Lionel D’Haeunens ont écrit deux thèmes eux aussi, j’y tenais beaucoup. Pendant la session, je guidais en donnant mes émotions sur l’écriture des chansons. Ce qui mettait le trio en osmose. L’aboutissement me plaît beaucoup, maintenant ou cela va me mener,…on verra.

A la base, c’est un trio : Alain Soler (guitare), Lionel D’Hauenens (basse) et moi ! Mais il y a des invités comme Larry Schneider, excellent saxophoniste américain, Eric Thiévon qui joue des percussions sur un morceau ; il y a aussi un second batteur, Alain Antoni, un violoncelliste, Yvan Froget, un narrateur Michel Ivonio.

Dans l’album, il y a plusieurs styles et un poème que j’ai mis en musique. C’est un hommage aux mineurs et comme je suis du nord je suis touché et concerné par l’histoire de cette région. C’est ce qu’on appelle un ‘concept album’. Il y a des inter morceaux, très peu de silences ou des silences « musicaux ».

Je m’imaginais dans mon lit et l’inter morceaux c’est ce qu’on entend le matin quand le réveil sonne et qu’on a la tête dans le gaz. La musique dans un état vaseux Il n’y a aucunes retenues sur la musique et je voulais un truc ‘cru’, même avec des erreurs, j’ai rien voulu retoucher. Comme dans les années 70, très rock dans la démarche.

Grand maximum, on a fait deux prises par morceaux et on a fait ça en deux jours. Tout est fait maison, c’est autoproduit et il y aura un relais sur un site : Franckmarco2.info : on trouvera des infos sur l’album, des photos, des anecdotes, etc.

Je pars en tournée au mois de juin avec un bassiste australien, Henry Correy, d’abord en France puis au Canada normalement. (Dernière nouvelle, la tournée est reportée)

Avec mon nouveau groupe ZFBB, (Eric Plantain, Mohamed Derouich), on prépare un album sur les musiques de Police. C’est de la ‘free pop music’, on reprend Police comme on le sent, en fait. Nous essayons d’adapter la musique actuelle à une tradition gnawa. Mais en live, les gens dans la salle tirent au sort un titre et nous le jouons. Ce qui nous met un peu en danger à chaque fois car nous ne voulons pas répéter. Juste on se « jette » à l’eau et en public. Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas répéter (rire…)

Il y a un album avec Amistad, groupe belge international qui sort en France dans les FNAC, un album avec capucine Ollivier qui est sorti et fin juillet je fais un disque avec Larry Schneider et Alain Soler lors d’un projet de création pour un festival jazz dans le sud de la France.

Les baguettes signatures Franck Marco viennent de sortir chez Pro Mark, ce sont des 5A à olives rondes. Et ça c’est un petit rêve d’enfant qui se réalise !!

Je ferai des démos dans les magasins qui voudront jouer le jeu. Donc si vous êtes intéressés faut contacter l’importateur (SAICO) et demander Christophe Ptak, avec qui nous sommes en étroite collaboration pour cet événement.

J’ai aussi travaillé sur un concept ‘ MELLOW-D PROJECT’. Avec plusieurs musiciens, ( David DEKKER/vocals – Mandoline, Werner LINDNER/Guitare – basse – tambourine – Harmonica, Eric BAJARD/ Prise de son, Alban Minke/ Webmaster, Moi/ Batterie – Direction artistique – Harmonica – basse -tambourine – kazoo – maracas ), nous avons décidé de composer et d’enregistrer un album sur une semaine. Il y a un site associé : http://mellowd.free.fr, où les gens peuvent voir des vidéos, un journal de bord etc…..

C’est un pari entre nous, se réunir et faire un album, le concept est de « squatter » la maison d’un pote, venir avec son matos, et hop écrire et composer sur une semaine. Avec les moyens du bord. Nous avons enregistrés 15 chansons. Le résultat est très « stonien » (Rolling-Stones) avec pour objectif pour ma part de garder l’esprit Live, cette fois-ci Barry McNEESE le bassiste n’a pas pu venir, nous nous sommes partagé la basse avec Werner, Eric a fait quelques titres à la batterie. C’est juste un retour sur le procédé d’enregistrement des années 70 mais avec des outils modernes. Le maître mot : live.

Avec Eric Thiévon et Jean-Pierre Dalmassy, nous avons un projet qui s’appelle PULSA’SON. C’est Eric qui a eu cette excellente idée. Au festival de batterie de Domène (Isère), on a enregistré les prestations de chacun, des extraits de ce festival paraîtront sur le premier album PULSA’SON. Il y aura aussi Alain Gozzo, Franck Aghulon… (À confirmer) et bien d’autres encore je l’espère. Tout ça est en projet. Ce sera un album produit tous les ans autour de la percussion et la batterie.

Je veux y associer le trophée Alain Gozzo. Le but, c’est de faire un concours et de sélectionner une personne qui sera ‘la découverte’ du disque chaque année, et de lui permettre de se faire connaître à travers les partenaires qui seront de la partie. Affaire à suivre. Juste quelques mots, pour moi hormis l’amitié que nous avons avec Alain, Ce monsieur a fait énormément pour que la batterie soit ce qu’elle est aujourd’hui dans notre pays, si tu connais son parcours, tu comprends. C’est une façon de rendre hommage à l’homme et au talentueux musicien. Un très grand monsieur pour moi et bien d’autres je pense…Puis qui ne connaît pas Alain Gozzo ?

Bref beaucoup de choses en route…

LA BATTERIE

deflep  : Peux –tu nous décrire ton kit de batterie ?

fkm  : Je joue sur une Starclassic Performer EFX Liquid Metal (j’ai choisi cette couleur car ça fait longtemps que je voulais me faire le délire de Ringo Starr, étant un fan des Beatles.) J’ai une grosse caisse 18’’ par 22’’, toms de 10’’ et 14’’, car je n’ai pas besoin de plus dans les contextes musicaux dans lesquels je joue. Pour la caisse claire c’est la Tama Bronze Shells ou caisse claire Palette Signature Stewart Copeland avec laquelle je joue pratiquement tout changeant l’accordage bien entendu.

Mes cymbales sont des Meinl séries ‘Amun’ et ‘Byzance’. Il y a trois cymbales crash (16’’,17’’,18’’) mais je n’utilise pas forcément toujours les trois. Pour les cymbales ride, j’utilise :

  • Une Dark Ride car j’aime son côté métallique et le ping, en plus, en live elle passe bien au-dessus sans la jouer très fortement. Elle est, à mon goût, parfaite pour jouer du jazz et certains climats dans le rock.
  • Une Thin Ride, de 20’ au son très seventies, qui est passe-partout, polyvalente et qui monte bien en résonance.
  • J’ai une très bonne Flat Ride Byzance. Superbe dans les swings.

J’ai aussi ajouté des roues de machines à laver à mon kit, j’adore le son ! Pour les peaux, j’utilise plusieurs marques dont Remo et Evans.

deflep  : Comment as-tu été endorsé ?

fkm  : A la base, c’est parce que j’en avais marre de payer mon matos. A l’époque, j’étais avec Mercy qui venait de sortir son album ‘ Tribute to Slim Harpo’ et j’ai fait tous les importateurs, envoyé des CV etc.… Un jour, Geoffrey Bailleul, manager de ZFBB, me dit ‘viens voir il y a Alain Gozzo en démo à Aras à BS Music !’. Alors je prépare tous mes petits disques, mon CV et j’y vais. Là-bas j’arrive à accrocher Alain Gozzo et je lui montre tout ça et il me dit ‘ok je te tiens au courant.’ Après sa démo, il me tend les baguettes, genre dans le regard : ‘ Tu veux un endorsement alors vas-y montre ce que tu sais faire !’

Moi, je me démonte pas, je retire la veste et go je me lance ! Il avait l’air content. Deux ou trois moi après, j’ai signé le contrat !

Pour moi, Alain Gozzo c’est respect, c’est Monsieur Batterie en France. Si la batterie en est là en France c’est grâce à lui ; il a vraiment bossé toute sa vie pour ça, j’adore ce mec !

Quand j’ai signé chez Tama, j’étais chez T.I.P (Tama / Paiste) donc j’avais le package et ensuite Paiste a été racheté par un autre importateur, et ils n’ont pas voulu de moi car ils avaient leur nombre d’endorsés. Meinl a su que je n’avais plus d’endorsement cymbales donc ils se sont proposés. J’ai été sincère avec eux, je leur ai dit qu’il fallait que j’ essaie. J’ai donc été invité à Colmar chez l’importateur français, pour essayer toutes les cymbales, c’était génial ! J’ai trouvé les séries Byzance et ça sonne terriblement bien !J’ai alors signé l’endorsement chez Meinl.

Pour les baguettes, je suis chez Pro Mark et je cherche un endorsement pour les peaux. J’en profite pour remercier mes endorseurs, pour ces superbes collaborations et pour leur confiance.

TA PRATIQUE DE L’INSTRUMENT

deflep  : Quand joues-tu au click ?

fkm  : En studio, je demande le click, et je l’utilise aussi des fois en live quand il y a des séquences, mais je fais rarement des trucs en séquences. Le problème du click c’est que tout le monde veut jouer pile dessus. Mais on n’est pas des machines, on n’aura jamais le click top juste, ça bouge toujours un peu. Le click doit être un guide et il faut savoir jouer avec, devant, derrière etc.…

deflep  : Prise timbalier ou prise tambour ?

fkm  : J’ai bossé les deux. D’ailleurs, je peux faire à la fois tambour et timbalier dans le même morceau. Prise tambour c’est bien pour tout ce qui est trucs sensibles quand je joue les ghost notes par exemple mais c’est une prise plus difficile. Après c’est une question de feeling, de frappe, de comment je me sens physiquement etc.….

deflep  : Comment travailles-tu ta batterie ?

fkm  : Malheureusement je speed toujours, et je suis souvent sur les routes donc c’est pas facile de trouver le temps. Mais là, on m’a prêté une batterie électronique donc je peux travailler un peu. Je n’ai pas vraiment d’entraînement, j’essaie d’entretenir les poignets en faisant de la technique, frisé, roulé, je travaille aussi l’endurance. Des fois, c ’est juste mental, quand je suis dans une chambre d’hôtel, je chante des choses.

J’essaie de ne pas mettre une certaine routine dans le métier pour rester motiver. Il m’arrive de rester sans jouer pendant un moment, je ne travaille pas la batterie mais j’écoute de la musique, je compose, je travaille le piano. C’est important car alors tu comprends le poids de la musique et ça t’aide pour la batterie.

Je peux aussi monter ma batterie un jour pour m’éclater à jouer sur des morceaux d’un album dont j’aime les chansons. Pour les séquences en studios, je bosse mes morceaux avant mais sinon, je fais beaucoup d’improvisation, donc je ne prépare pas vraiment. Par contre, quand je vois qu’il y a un truc que je ne passe pas, je vais chercher pourquoi et alors travailler cette cellule.

Ce soir, par exemple, je sais pas ce que je vais jouer, je vais me lâcher vraiment, c’est de l’action drumming ou je sais pas quoi ! Je vais juste essayer de raconter une belle histoire, les trucs en solo comme ça c’est des histoires et il faut que ça parle aux gens !

En tout cas, pour être bien avec moi-même je fais ce que j’ai envie de faire chaque fois que c’est possible. Voilà ! Je suis bavard, hein ??

deflep  : Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent devenir professionnels ?

fkm  : Moi, j’ai pas cherché à être pro, ça s’est fait naturellement, maintenant pour être pro, il faut bosser, y croire, avoir beaucoup de patience, provoquer les choses ne pas attendre que le téléphone sonne , non, Il faut jouer, se monter, aller à la rencontre des autres .

Je pense qu’il faut s’ouvrir à la culture, aux styles, savoir jouer un maximum de choses, ne pas hésiter à faire du bal musette s’il faut manger. Moi j’en ai fait et si je devais en refaire je n’hésiterais pas . Et puis il faut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.

LA PEDAGOGIE

deflep  : Quelles sont, selon toi, les qualités d’un bon batteur ?

fkm  : Les bons batteurs sont ceux qui vont savoir faire ce qu’on leur demande dans un contexte donné. D’abord, un bon batteur ne doit pas avoir de problème de tempo, il doit savoir travailler avec le click. Il doit aussi avoir le son, le son qui correspond au morceau. Et puis, il doit savoir écouter les autres musiciens.

deflep  : Quels conseils peux-tu donner aux batteurs débutants (et aux autres !!) ?

fkm  : Il faut travailler un max ! Travailler l’instrument, la technique, et ne pas négliger le solfège pour savoir ce qu’on joue dans une structure. Il faut aussi chanter les choses, c’est la relation que le batteur a avec la musique.

Moi, quand je joue, je chante pas mon rythme, je vais chanter la ligne de basse ou je vais écouter la mélodie, c’est comme ça que je peux accompagner vraiment.

Compter, c’est aussi très important ! Beaucoup de batteurs débutants veulent tomber carré mais oublient de compter ! Donc, il faut choisir un bon prof qui te fera compter !!! Non, je plaisante mais c’est important.

Dernière chose, il faut écouter plein de styles de musique différents même si on aime pas forcément. Il y a toujours plein de choses à apprendre de toutes les musiques.

deflep  : As-tu des méthodes de batterie à conseiller ?

fkm  : Aujourd’hui j’écris mes trucs à moi pour faire bosser mes élèves mais personnellement j’ai travaillé sur plusieurs méthodes.

A l’époque, J’avais acheté la méthode Agostini volume 2 qui était d’enfer.Je trouve qu’il y a tout dedans. J’ai aussi travaillé une méthode d’Erskine sur le jazz et l’indépendance, celle de Dave Weckl, la toute première, elle est super pour la technique, et aussi celle de Jack Dejohnette. Mais, bon c’est ce que j’ai bossé moi, après cela dépend de chacun.

deflep  : Peux-tu nous parler de ta participation à la nouvelle méthode Tama ‘Génération Batterie’ ?

fkm  : En fait, j’ai eu la chance que Eric Thiévon et Alain Gozzo me demande de participer car quand même il y a ce qu’il faut, 12 batteurs ( Franck Agulhon, Daniel Pichon, Richard Kolinka…) et moi je suis dedans ! Chaque batteur est responsable d’une rubrique et je suis en charge de la partie funk. Cette méthode s’adresse aux débutants et c’est génial car dans le même bouquin tu peux aborder plein de styles différents. Elle sort en mai.

deflep  : A ton avis qu’est-ce qu’un bon pédagogue ?

fkm  : Un bon pédagogue c’est quelqu’un qui sait capter l’élève et lui expliquer les choses pour qu’il avance à son rythme. Moi, j’ai pas un programme défini avec mes élèves, j’essaie de m’adapter à chacun d’entre eux car ils n’avancent pas tous de la même façon. Chacun est différent. Quand quelqu’un vient en cours et me dit je veux travailler tel ou tel morceau, je me sers de ce prétexte pour le faire travailler car là il est motivé. Je lui dis ‘tu veux jouer ce morceau alors il faut que tu travaille tel exercice’.

Pour moi, là tu rentres dans une vraie pédagogie. D’ailleurs, en parlant pédagogie, je suis en train de préparer un DVD pédagogique. Comme tout le monde a travaillé sur la double grosse caisse moi je vais travailler sur le charleston. Parce que moi je n’utilise pas de double grosse caisse donc je pense à ceux qui sont comme moi ! Ce sera très ludique, il y aura une rubrique pour les enfants ou pour les adultes qui ne veulent pas se mettre au solfège.

LA PEINTURE DE FRANCK MARCO

deflep  : Sur ton site, on peut voir tes tableaux. Peux-tu nous décrire un peu ce que tu fais ?

fkm  : Depuis que je suis gamin je dessine et à la base je voulais devenir dessinateurde BD. Ca a tourné autrement, mais il y a une quinzaine d’années je me suis mis à l’huile, à l’aquarelle, et très vite je me suis senti étriqué. Alors j’ai pris des pinceaux à la place des baguettes, j’ai mis une toile et j’ai travaillé sur des figures rythmiques tout en peignant.

De là, je suis parti dans l’abstrait, c’est un univers que j’adore. Maintenant j’ai développé ma technique et je peins avec plein de choses : du sable, des brosses, mes mains, …. Ce que je fais ressemble à du Zao Wou-Ki ou du Jackson Pollack. C’est de l’action painting, ma peinture est improvisée. Dans mon garage, je mets la musique à fond, et je me lâche :

Je commence par créer un fond pour raconter une histoire et la dernière touche c’est les gestes du batteur. Pour moi, le plus important c’est d’être en action ce n’est pas le tableau fini, même si je fais tout de même attention à l’harmonie et aux couleurs.

J’expose aussi quand on me propose et je peux même faire un vernissage et jouer de la batterie en même temps. En fait, comme je dis souvent, je fais de la peinture pour éviter d’aller voir un psy !! (Rires)

FRANCK MARCO, SI TU ETAIS…

Un élément de batterie : la caisse claire car je peux me faire entendre, chuchoter, avoir un gros son, un tout petit …

Un son de batterie  : La grosse caisse, pour son côté puissant et posé. Bien que ‘posé’ soit à l’opposé de ma personnalité parce ce que je suis un peu fou des fois !! (Rires).

Un tempo : 110/120 bmp, c’est le tempo qu’on sent le plus.

Une prouesse technique : un fla de Vinnie Colaiuta

Un genre musical : Aie ! Aie ! Aie ! Bonne question …. Je serais certainement un morceau de Jimmy Hendrix !

Une chanson : ( Rires … fkm a du mal …) ‘ Ne me quitte pas ‘ de Jacques Brel !! C’est ce qui me passe par la Tête là, je sais pas pourquoi !

deflep : Pour finir, voici le question traditionnelle de la Toile des Batteurs : si tu pouvais aller boire un verre avec la personne de ton choix,  qui choisirais- tu ? 

fkm  : Forcément célèbre ou pas ?

deflep : Non, pas forcément, la personne de ton choix.

fkm  : Mon père. Il est parti, j’avais 16 ans et j’ai pas eu le temps de discuter du monde avec lui.

FIN

Je souhaite remercier la Toile et son créateur, car grâce à lui, nous les amateurs et passionnés de batterie, pouvons vivre des moments magiques ! Un big up pour lui !

Quant à Franck Marco, je peux dire que j’ai vraiment apprécié autant ses qualités humaines qu’artistiques et je tenais à rendre hommage à sa patience parce que je l’ai pas mal sollicité après l’interview pour qu’il me clarifie certaines choses et il a toujours répondu avec gentillesse et bonne humeur .

Keep drummin’ …

Ci dessous un autographe et une création de Franck en clin d’oeil à la Toile !

http://www.franckmarco.com

Dossier réalisé par Deflep – Mai 2006

Laisser un commentaire